ToIP: Aastra Matra récolte les fruits de son ré-enracinement

Régulations

Le groupe d’origine canadienne, qui a repris à EADS la marque et le porte-feuille de Matra Communication, cumule les bons scores, y compris en France, derrière Alcatel. Et l’innovation sur ses PABX-IP n’est pas la traîne

La reprise, il y a un ans, de l’activité Téléphonie d’entreprise d’EADS (issue de Matra Communication) par le groupe canadien AAstra s’avère aujourd’hui payante.

Cette absorption dans un groupe multinational, dirigé par des canadiens chinois, originaires de Hong Kong (les frères Shen), avait suscité diverses interrogations. S’agissait-il de brader un bijou de famille, de céder des parts de marché à un groupe sino-américain sans scrupules? Aujourd’hui, le premier bilan sonne tout autrement. La marque Matra est revenue (mars 2005). Avec elle, se confirme la continuité de développements technologiques adossés aux ressources R&D et aux moyens marketing d’un vaste groupe présent dans 21 pays. La meilleure caution apportée à cette opération? C’est sans doute l’acquisition suivante, intervenue il y a quelques mois (août 2005): le rachat du téléphoniste allemand DeTeWe (700 personnes, 160 millions d’euros), juste après celui du suisse Ascom. DeTeWe a notamment apporté une technologie originale associant la téléphonie IP et le ‘sans fil’ DECT (ou ‘W-DECT’, wireless-DECT). Le groupe pèse aujourd’hui 500 millions de dollars, dont 60 à 65% proviennent du marché européen. Il tiendrait ainsi une très honorable 4è place en Europe -derrière Alcatel, Siemens et Avaya. Les centres de compétences R&D ont été répartis géographiquement, en fonction des héritages acquis: petits systèmes et terminaux en Suisse, mobilité/DECT et Wi-Fi en Allemagne, ToIP/moyens, grands systèmes en France, centres d’appels et vidéo numérique aux USA… En France, Aastra Matra se félicite d’avoir ravivé la flamme: “Dès le 1er semestre 2005, nous avions vendu autant de terminaux IP que sur la totalité de l’année 2004“, explique Pierre-Alexandre Fuhrmann, dg délégué, aux côtés de Bernard Etchenagucia. Pourtant, le marché des PABX télécoms n’a pas été luxuriant en 2005 -étale. Mais, fort de sa nouvelle offre IP, la société a gagné de nouveaux distributeurs et confirmé de grands clients comme SNCF, France Télécom, Ineo… Des contrats clés ont été signés ou re-signés avec des clients majeurs comme MAAF, SNCF, GIAT, ANPE, Hôpital de Bichat (APHP), le Conseil général des Vosges (une solution 100% IP)… L’une des bonnes récettes du groupe est, à coup sûr, une offre de PABX IP hybrides, car “dans la majorité des moyens et grands comptes, la téléphonie IP s’inscrit dans une migration douce“, souligne B. Etchenagucia. Selon une étude de MZA, en Europe la ToIP représentera 20% des lignes en 2006-2007. ( A suivre )


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