Julien Morel : « La 14e édition de Tremplin Entreprises est axée sur la politique d’amorçage et de capital-risque en France »

Régulations

Directeur exécutif d’ESSEC Ventures, Julien Morel présente la 14e édition de Tremplin Entreprises, concours national pour entreprises innovantes à la recherche d’investisseurs.

Le Sénat et l’ESSEC organisent chaque année Tremplin Entreprises, concours national pour entreprises innovantes animé par des experts du financement et de l’innovation. Pour cette 14e édition, les porteurs de projets peuvent s’inscrire jusqu’au 7 juillet, minuit.

Julien Morel, directeur exécutif d’ESSEC Ventures, le pôle entrepreneuriat de la grande école de commerce, fait le point sur l’édition 2013 de cet événement majeur pour l’entrepreneuriat et le capital-risque.

Silicon.fr – Comment se distingue cette 14e édition de Tremplin Entreprises ?

Julien Morel – Pour cette 14e édition de Tremplin Entreprises, il nous a semblé très important de coller avec une problématique très actuelle dans le monde de l’entrepreneuriat et d’axer cet événement sur le thème : « la politique d’amorçage et de capital-risque en France ».

En effet, l’engouement entrepreneurial que nous pouvons remarquer depuis une dizaine d’années en France se confronte à une politique d’amorçage un peu timide ou pas forcément bien adaptée. Il est pourtant temps de créer les conditions favorables à la croissance et au soutien de ces pépites…

Coorganisé par le Sénat et l’ESSEC depuis 1999, le concours Tremplin Entreprises s’adresse aux entreprises innovantes. En ce moment, et ce jusqu’au 7 juillet, les porteurs de projets « innovants » peuvent déposer leur candidature dans l’une des quatre catégories suivantes : Énergies, matériaux et composants ; Internet et services ; Logiciels et systèmes ; Sciences de la vie… en cliquant ici.

Un jury d’experts sélectionnera, parmi ces projets, 30 lauréats qui auront l’opportunité de se présenter à la communauté des investisseurs lundi 25 novembre 2013 au Sénat.

Combien de projets « innovants » et quels types de projets attendez-vous ?

En 2012, nous avions reçu 230 candidatures, et nous en attendons à peu près le même nombre cette année. Nous ne misons pas ici sur la quantité, mais sur la qualité des projets sachant qu’à la fin 30 lauréats seront récompensés.

Le jury de Tremplin Entreprises se compose de plus de 50 personnes, toutes expertes de l’innovation et de l’entrepreneuriat. Nous sommes à la recherche de projets innovants, quel que soit leur niveau de maturité, correspondant aux quatre catégories prédéfinies. Le degré de rupture dans l’innovation proposée, la crédibilité de l’équipe, et le potentiel du marché en devenir sont des critères importants dans la sélection.

Quels sont les objectifs d’une telle initiative ?

Les objectifs d’une telle initiative sont multiples. L’ESSEC et le Sénat, par le biais de Tremplin Entreprises, souhaitent soutenir l’entrepreneuriat français et les pépites de demain en leur donnant l’opportunité de se présenter à la communauté des investisseurs, des spécialistes de l’innovation et de l’entrepreneuriat, et en leur permettant de trouver un lieu d’échanges et de rencontres.

Ce concours, de niveau national, offre ainsi l’opportunité à des porteurs de projets innovants d’accélérer leur recherche de fonds en obtenant le label Tremplin Entreprises, gage de crédibilité auprès des investisseurs. J’ajoute que Tremplin Entreprises soutient et encourage également les quatre Grands Prix en leur offrant 10 000 euros, somme qui, on l’espère, les aidera dans leur développement.

Comment se porte le capital-risque en France aujourd’hui ?

La question est difficile, car le paysage est très hétéroclite, selon que l’on parle d’amorçage ou de capital-risque et selon les secteurs d’activité des start-ups.

Du côté des avancées, si l’on prend du recul sur ces dix dernières années, les réseaux de business angels se sont professionnalisés et l’on peut noter l’arrivée croissante des fonds d’entrepreneurs souvent autour du numérique. Le corporate venture se développe modestement avec des grandes entreprises qui misent sur des jeunes pousses ou développent des programmes d’open innovation. Autre point positif, il y a une véritable prise en compte de l’État concernant l’importance d’investir dans l’innovation avec des structures comme la BPI.

Côté revers de la médaille, de nombreux fonds privés se sentent en concurrence avec l’État qui prend des participations de plus en plus directes dans les entreprises. Certains parlent même « d’étatisation du capital-risque ». Le danger est que ces fonds compétents accentuent leur allocation dans d’autres actifs moins risqués.

Autre inquiétude : les incertitudes concernant la réglementation qui fait fuir beaucoup de fonds étrangers traditionnellement souscripteurs des fonds privés… Il me semble que l’intérêt national serait de veiller à aligner les intérêts respectifs des investisseurs, des politiques et des entrepreneurs.

Directeur exécutif d’ESSEC Ventures, Julien Morel assure la direction du fonds d’amorçage de l’incubateur et de la pépinière du Groupe. Il gère également des dispositifs menés en partenariat avec d’autres institutions, comme Tremplin Entreprises avec le Sénat. Julien Morel est diplômé de l’ESSEC et titulaire d’un MBA de la Harvard Business School.


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Auteur : Ariane Beky
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