TRIBUNE : la fin du ‘desktop’ ? Non, Vista est là?

Régulations

Surprise à l’IDF de San Francisco : s’y affichaient des ordinateurs portables Core Duo sous Centrino 2, des serveurs, et des PC ViiV sous toutes les formes. En revanche, point de desktop, à l’exception notable de Microsoft qui présentait Vista. De quoi craindre le pire…

Qu’il s’agisse des conférences, des ateliers, des exposants ou même de l’organisation de l’IDF, la grand-messe technologique de printemps d’Intel, le desktop (ordinateur de bureau) a brillé par son absence !

Certes, Intel mise énormément sur les technologies portables, et entend prolonger le succès de Centrino avec sa nouvelle gamme Centrino 2 et sa plate-forme Core Duo. Certes, la stratégie du fondeur en matière de postes de bureau se recentre aujourd’hui sur le grand public avec sa plate-forme ViiV. À ce propos, Intel n’a pas manqué de rappeler qu’un ordinateur de salon disposait de tous les composants susceptibles de satisfaire l’utilisation au bureau, qui associe de plus en plus la bureautique et la gestion au multimédia et à l’Internet. Un ordinateur de salon ViiV dispose de toutes les technologies pour remplacer un téléviseur, un lecteur enregistreur de DVD, une chaîne hi-fi, mais aussi un PC. Tout en étant le coeur d’un réseau sans fil qui communique dans toute la maison comme dans tout le bureau. Mais pour autant, l’absence de desktop ne signifie en aucun cas la fin de ce marché, puisque le PC de bureau reste malgré tout l’appareil le plus vendu par les fabricants, qu’il s’agisse de Dell, d’HP ou de Lenovo (ex IBM PC). Pourtant, à bien y regarder, le PC desktop n’était pas absent de l’IDF. Et même il s’affichait? sur tous les stands de Microsoft ! Mais pourquoi donc ? Microsoft est un vieux compère d’Intel. N’évoque-t-on pas d’ailleurs le ‘WinTel‘ ? Mais à bien écouter les conférences et à reprendre le contenu des sessions, on constate que le discours d’Intel est plus présent autour des environnements Linux que Windows ! Que faisait donc Microsoft à l’IDF ? Il présentait Vista, le futur remplaçant de Windows XP. Avec une surprise rassurante, il faut le noter : les PC sur lesquels s’affichaient Vista étaient en libre-service, et lorsque nous avons testé le futur environnement de Microsoft, nous n’avons rencontré aucun technicien de ce dernier (même s’ils étaient bien présents), et nous n’avons constaté aucun plantage sur les machines, ce qui est rassurant et vient confirmer le focus de Microsoft sur la sécurité autour de son nouvel OS. En revanche, nous avons pu découvrir ce qui justifiait la présence de PC desktop sur les stands de Microsoft, alors qu’ils brillaient par leur absence sur le reste de la manifestation. Un simple regard sur la configuration des PC Vista et nous découvrons des processeurs à 3,2 GHz adressant 2 Go de mémoire vive et les cartes vidéo de dernière génération avec une mémoire de 512 Mo. Cette vision a de quoi créer des sueurs froides ! Une telle configuration correspond aujourd’hui à l’investissement d’un ‘hard gamer‘, à savoir un PC haut de gamme disposant de capacités graphiques évoluées. Nous sommes très loin des PC de bureau et de la très grande majorité des équipements présents. Certes, comme le rappelle Microsoft, Vista n’est pas encore disponible dans sa version beta 2. Ce qui signifie que le code des Windows Vista exposés n’est pas encore totalement optimisé, et que l’optimisation de ce code devrait permettre de bénéficier de gains de puissances. Pourquoi pas, mais il n’est pas certain que ces gains soient si sensibles que cela ? Il est plus probable au contraire qu’une machine puissante soit nécessaire pour faire tourner Vista dans ses configurations capables de vraiment profiter des avancées dans le design et l’usage de l’OS. Dans ces conditions, une jolie interface qui accueille la 3D pourra-t-elle justifier un investissement lourd sur un PC en configuration optimale ? Rien n’est moins sûr ! En revanche, au moment où le marché bascule très clairement avec d’un côté les ordinateurs portables puissamment équipés d’outils de communication sans fil, et dont les configurations se rapprochent de plus en plus de celle des ordinateurs de bureau, et de l’autre côté des ordinateurs ViiV plutôt destinés aux loisirs et à équiper les salons, l’année 2006 pourrait bien signer la fin du concept de desktop. Sauf pour les amateurs de Windows Vista, et probablement pour l’industrie des PC qui trouvera dans le système d’exploitation de Microsoft un nouveau relais de croissance pour imposer la commercialisation d’ordinateurs toujours plus hauts de gamme. Et tant pis pour le discount et la grande distribution… Mais il n’est pas certain que cette politique trouve un accueil favorable, surtout dans l’entreprise, ce qui n’est pas rassurant pour l’avenir du futur OS de Microsoft.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur