TRIBUNE: l’AIM ‘Open Source’, négligeable? Et pourtant?

Régulations

L’Open Source devrait s’imposer sur le ‘middleware’ et l’intégration d’application (ou AIM) – créneau de marché qui pourtant reste encore négligeable. En revanche, côté acteurs, les jeux sont faits !

S’il est un marché sur lequel l’Open Source fait parler de lui, c’est bien celui de la combinaison de l’intégration d’applications et du ‘middleware’ (ou AIM,

application integration and middleware). Ce marché propose des solutions qui accompagnent l’entreprise dans l’intégration d’outils au sein des systèmes existants. Il est aussi une composante clé du SOA (service-oriented architecture). Pour les acteurs de l’Open Source et de nombreuses entreprises, c’est aussi une alternative moins économique que stratégique à Microsoft, le moyen de réduire la distance qui les sépare du géant du logiciel. “Vous ne pouvez faire de la ‘business intelligence’ (BI) ou de l’intégration de systèmes sans ces produits“, confirme Joanne Correia, vice-présidente du département software du Gartner. Certes, mais les chiffres viennent en partie contredire cette affirmation, puisque selon le même Gartner l’Open Source ne représenterait qu’un demi pour cent (0,05 %) de ce marché. En revanche, le bureau d’étude prédit un 10 % pour 2010. Qu’est-ce qui permet au Gartner d’avancer de tels chiffres ? D’abord, ce marché – évalué par le Gartner à 8,5 milliards de dollars – est pour plus de la moitié contrôlé par deux acteurs, et pas des moindres : IBM, avec une part de marché estimée à 37 % pour un chiffre d’affaires de 3,1 milliards, et BEA dont la part de marché est de 15 % (1,2 milliard). Gartner insiste sur la puissance de Big Blue, son avantage compétitif avec son énorme base installée et sa force de vente de 40.000 hommes en costumes gris qui hantent les rues à la recherche du prospect. Mais aussi sur la stratégie de BEA, qui privilégie les partenariats, par exemple avec HP et Sun. Il faudra aussi compter sur le numéro 3, Oracle, dont la part de marché est estimée à 8 % (739 millions de dollars), mais qui avance à grands pas, de 40 % depuis 2005. Sans oublier les 5 % de Microsoft (397 millions), qui en revanche ne progresse que de 13 %, ce qui permet à Joanne Correia d’estimer que l’éditeur n’est plus dans le coup ! “Je ne vois pas Microsoft faire un milliard de dollars avec BizTalk“, commente-t-elle. Reste un dernier argument qui milite pour l’Open Source, l’accueil des développeurs favorables aux solutions Open Source. Mais face à IBM, BEA, Oracle et Microsoft, quelle sera leur marge de man?uvre ?


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