TRIBUNE: Le Mainframe est loin d'être mort ! estime Scort

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On a tendance à vouloir enterrer trop vite le Mainframe… Jean-Pierre Ansart, président de Scort, nous apporte sa vision, affirme et démontre que le débat est encore loin d’être clos !

Editeur européen de premier plan sur les solutions logicielles pour simplifier l’intégration du Mainframe dans les nouvelles architectures SOA orientées service, Scort est au cœur de l’évolution de ces grands systèmes. Pas étonnant donc que son patron, Jean-Pierre Ansart, s’étonne du traitement qui est accordé aux Mainframes ?

Dans une tribune titrée ‘Migration des Mainframes : le débat est clos ?‘, il nous fait part de sa vision de ce marché et nous rappelle que “loin de disparaître au rythme des migrations, les Mainframes continuent d’apporter aux SI une valeur permanente et fiable sur laquelle peuvent être construites des applications ouvertes à valeur ajoutée.

A commencer par un constat : loin de disparaître comme cela avait été maintes fois prédit, les Mainframes continuent de jouer un rôle clé dans les systèmes d’information !

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Lorsqu’on les interroge, les directions informatiques n’hésitent plus à opposer un refus catégorique à tout projet de remplacement pur et simple de leurs Mainframes par des systèmes ouverts. Et elles le font avec d’autant moins d’hésitations que leur refus est motivé par les mêmes arguments qui avaient poussé certaines d’entre elles à investir massivement dans les nouvelles architectures : le coût et la flexibilité.

Pour produire de la valeur ajoutée, il faut s’appuyer sur une valeur préexistante. C’est, en résumé, le bilan que l’on pourrait tirer de l’évolution de la place des Mainframes dans les systèmes d’information des grandes entreprises durant ces quinze dernières années.

Les grands systèmes z/OS ont traversé le siècle

Sur le papier, les systèmes ouverts offraient tous les avantages. Ils paraissaient plus simples, plus modulaires donc plus flexibles, et surtout beaucoup moins chers à l’exploitation. Côté performances, l’évolution rapide des processeurs était censée absorber les besoins de montée en puissance. Et en matière de logiciel, on pourrait compter sur les nouveaux langages de programmation pour reproduire à l’identique, sinon en mieux, les logiques métiers des applications Mainframes.

Dans la pratique, nombre de projets de migration ont été beaucoup plus longs, chers et complexes que prévu, sans nécessairement parvenir au même niveau de robustesse et de fiabilité que les applications Mainframe remplacées. Du côté des fournisseurs des solutions de migration, le bilan est, au bout du compte, tout aussi mitigé. Si une majorité des petits systèmes z/OS ont effectivement été migrés, à l’inverse la majorité des grands systèmes z/OS jouent toujours leur rôle.

Une “scalability” et des performances I/O encore inégalées

Les raisons de cette continuité sont faciles à comprendre si l’on s’intéresse à l’usage que les entreprises font de leurs Mainframes. Dans une grande majorité de cas, les Mainframes sont employés à des tâches critiques de gestion impliquant un grand nombre de données. Ces tâches relativement simples consistent pour l’essentiel à lire, mettre à jour et réécrire des blocs de données.

Au jeu des performances en matière d’entrées/sorties (I/O), les Mainframes restent encore aujourd’hui, et par construction, largement supérieurs à tous les systèmes ouverts. De plus les Mainframes surpassent largement les clusters (Unix et Windows) en matière de parallélisme de masse, de reconfiguration dynamique et de fiabilité à l’exploitation.

A titre d’exemple, ajouter un cluster Unix ou Windows quand la configuration maximum est atteinte est un projet informatique en soi. Alors qu’ajouter un ‘moteur’ à un sysplex z/OS est une opération banale.

Les seuls systèmes rétro-compatibles sur 30 ans

Technique et performances mises à part, le poids des Mainframe dans les SI des entreprises est aussi directement lié à une caractéristique unique dans le monde informatique : les Mainframes sont les seuls systèmes rétro-compatibles sur plus de 30 ans. Et il est tout à fait possible d’exécuter sur Mainframe des programmes conçus il y a trente ans, sans avoir à effectuer un coûteux portage technologique.

S’il fallait ne retenir qu’une seule raison pour laquelle les grandes entreprises sont restées et resteront attachées à leurs Mainframes, ce pourrait être celle-là : ces systèmes sont garants de la continuité de l’activité. Ils constituent ainsi la valeur de base sur laquelle peuvent s’appuyer des applications ou des technologies nouvelles, génératrices de valeurs ajoutées.

S’appuyer sur les qualités intrinsèques

Ces considérations, pour être importantes, ne font évidemment pas disparaître la problématique de décloisonnement du SI et d’intégration des Mainframes à des architectures toujours plus ouvertes et hétérogènes.

Mais elles apportent un éclairage nouveau au débat : “au lieu du ‘tout l’un’ ou ‘tout l’autre’, la réévaluation des avantages intrinsèques de chaque système conduit à préférer la recherche de l’équilibre, à compter sur chaque composante du SI selon son mérite. Il s’agit d’utiliser chaque système pour ce pourquoi il est réellement fait.

L’interconnexion de systèmes, notamment dans le cadre des architectures orientées services (SOA), constitue l’un des moyens les plus efficaces d’y parvenir. Mais les architectures SOA impliquent en effet de nombreux composants, notamment lorsqu’il s’agit d’interconnecter un Mainframe et des systèmes ouverts. Tout l’enjeu d’une intégration réussie tient ainsi dans une répartition rigoureuse des technologies utilisées, en fonction de leur impact sur les performances et la maintenabilité des systèmes.

Adapter les technologies à l’existant

D’une certaine façon, les Mainframes sont aujourd’hui confrontés au même défi que l’organisation de l’entreprise elle-même lorsqu’il s’agit d’intégrer une nouvelle application métier. Faut-il s’adapter à la nouvelle application ou celle-ci doit elle s’adapter aux processus existants dans l’entreprise ?

La réponse est connue. Aussi innovante soit-elle, une technologie ne prend tout son sens, et ne produit toute sa valeur ajoutée, que lorsqu’elle vient s’appuyer sur un existant lui-même générateur de valeur.

Scort offre une solution unique à la fois pour les transactions déjà orientées services (SOA natif) et pour les transactions non servicées, mais sans avoir à les réécrire (SOA par réutilisation). Cette approche permet d’unifier la stratégie de connectivité à tout type de Mainframe (IMS ou CICS) pour un large éventail de besoins applicatifs. Les solutions SCORT d’exposition des services métiers en architectures ouvertes et SOA s’inscrivent pleinement dans cette perspective. Elles permettent notamment d’appeler le service métier sans avoir à implanter les composants XML et SOAP, très consommateurs de MIPs, sur le Mainframe.

Tourner la page

Cette approche permet non seulement de préserver l’évolutivité du Mainframe et la flexibilité des applications ouvertes, mais elle évite les complexités inutiles lorsqu’il s’agit de mettre en œuvre rapidement de nouveaux services métiers.

En utilisant chaque système pour ce qu’il peut apporter de mieux, les entreprises gagnent en réactivité, qu’il s’agisse de concevoir en système ouvert une application destinée à conquérir un marché de niche, ou de faire évoluer un service métier central pour répondre à un nouveau besoin de l’ensemble de la clientèle.

Au bout du compte, ces stratégies d’exposition et de réutilisation des logiques métiers permettent aujourd’hui aux entreprises et à l’industrie informatique de tourner définitivement une page et de clore le débat quant à la nécessité de remplacer le Mainframe.


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