TRIBUNE: Le Salon GSM s’ouvre aux pays émergents

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Que retenir du 3GSM World Congress, la grand-messe mondiale du mobile ? Une ouverture à l’immense potentiel des pays émergents

Barcelone – Un temps fort, incontestablement, ce Salon 3GSM tranféré en pays catalan, mais avec, quand même, un brin de nostalgie en songeant à Cannes, aux couchers de soleil sur la Côte d’Azur, aux collations sur la plage, et aux conférences de presse au Carlton… Certes les organisateurs, à Barcelone, ont sorti les grands plats, avec 1.000 exposants (!) et affiché le ton ‘pro’, un CeBIT des télécoms mobiles, en quelque sorte. Mais, au fait, quels étaient leurs arguments pour déménager à Barcelone : les taxis moins chers ? En fait une heure et demie d’attente à minuit place de Catalogne, des chambres d’hôtels surbookées et même inabordables à plus de 30 km du centre-ville, pas de connexion Internet sur les stands durant deux jours… Leadership du GSM Pour les vétérans que nous sommes, ce show international est à l’échelle de cette technologie européenne du GSM qui, en dix ans, a conquis le monde en faisant d’elle l’industrie la plus florissante de la planète -ce qu’a souligné Arun Sarin, président de Vodafone. Optimisme des grands opérateurs GSM Avec une perspective prochaine à 1 milliard d’abonnés, les opérateurs leaders qui ont le plus marqué 2005 se sont confortés dans un optimisme sans faille en évoquant l’avenir. Leurs perspectives de croissance paraissent assurées avec l’avènement des services multimédias et de la TV. Le GSM -ont rappelé Telefonica et Vodafone- reste une formidable machine à ‘cash’, que ce soit dans les pays développés où la baisse de l’Arpu de téléphonie est compensé par de nouveaux services, ou que se soit dans les pays émergents, là où résident de formidables réserves potentielles pour tirer la croissance. Comme c’est le cas, par exemple, en Amérique du Sud pour Telefonica. Mais investiront-ils dans les contenus? La réponse des opérateurs est maintenant sans ambiguité : non! Le métier de l’opérateur est d’offrir un service de qualité, “conforme à ce que veulent les clients” et ensuite de les facturer en conséquence, non d’entrer dans la création et la production de contenus. Il y a là donc, pour le moment, un vaste champ de coopérations, avec des règles de partage à affiner, voire à établir, entre opérateurs, producteurs et auteurs de contenus numériques divers (films, jeux, sonnerie, vidéo?) Quant au 3ème ténor, China Mobile, les chiffres donnés par le président Wang donnent quelque peu le vertige : plus de 250 millions d’abonnés avec un croissance de 4 millions de nouveaux clients par mois, et un nombre époustouflant de SMS, 15 milliards! à l’occasion de la nouvelle année chinoise de 2006. On réalise la puissance d’un développement planifiée dans un pays centralisé maîtrisant les ‘inputs’ : déploiement, terminaux, infrastructure, technologie et bientôt ses propre normes? China Mobile offrira la retransmission des jeux 2008 sur le 3G HSDPA. Complexité versus simplicité Autre remarque générale, phénomène récurrent de la part des opérateurs: le métier se complexifie avec la multiplicité des fonctions et des normes, et leurs interférences : GPRS, UMTS, DVB-H, DVB-T, HSDPA, DAB, UMA, WiMAX, WiPRO, ‘push to mail’… Il en font leur affaire pour eux-mêmes. Mais pour leurs clients, ils demandent aux industriels, avec insistance, de simplifier les interfaces des terminaux pour l’accès aux services. Les exposants S’agissant des exposants, le 3GSM est d’abord un salon d’industriels où les jeunes constructeurs équipementiers chinois ZTE et Huawei pour l’infra, et les coréens Samsung et LG pour les mobiles, sont devenus incontournables. Impossible de manquer la pub de Motorola pour ses ‘SLVR’ extra-plats. De Nokia pour son cambo 3g-WiFi. Si Martin Varsovsky , le créateur de Fon, n’était pas à Barcelone, l’infatigable fondateur de Skype, Niklas Zennström, arpentait les allées à la recherche de ‘smartphones’ WiFi avant d’annoncer son accord avec l’opérateur 3 G Hutshison. Personne n’a manqué les hôtesses très largement dévêtues sur le stand de l’éditeur de logiciels russe CBOSS, qui apportaient une touche de féminité dans cet univers ma foi très “macho-techos”. Difficile de détailler tout le foisonnement technologique de ce méga-salon: pour résumer, retenons que l’industrie du GSM se dématérialise également et qu’apparaîtront de plus en plus d’acteurs de l’informatique et du développement logiciel. Les années futures verront, après les Coréens et les Chinois, l’arrivée des Indiens – c’est d’actualité pour la France, avec la visite de Jacques Chirac là-bas. Les pays émergents Enfin un mot sur le développement dans les pays émergents qu’illustre bien la réussite de Celtel présidé par Dr Mohamed Ibrahim. Nous l’avions rencontré l’année dernière à Cannes. Il m’avait semblé très réservé. Bien sûr, c’était à la veille de revendre Celtel 3,4 milliards de dollars. Voici l’exemple d’un entrepreneur, qui préside toujours cette société, qui dit toute sa fierté d’avoir cru en l’Afrique en montant dans 12 pays africains des réseaux GSM qui desservent aujourd’hui plus de 6 millions de clients, contribuant ainsi au développement même de ces pays. Ce qui a été rendu possible par un investissement en infrastructure à hauteur de 20 % de ceux réalisés 10 ans plus tôt en Europe et par un recyclage des mobiles GSM délaissés dans nos marchés pour la 3G. Il suffisait de s’adapter aux conditions des économies locales et d’avoir une certaine audace. A l’occasion de la vente de Celtel, Dr “Mo” était fier de rappeler qu’il avait fait, parmi ses cadres, 70 heureux millionnaires. Avis aux entrepreneurs: n’offrez ni salaires mirifiques, ni voitures de fonction à vos collaborateurs, choisissez les meilleurs et motivez les ! Souvenons-nous, en conclusion, que les réserves de croissance prolifèrent dans les pays émergents. _____ NB: Toutes les infos sur le 3GSM: Silicon.fr: dossier 3GSM


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