Tristan Nitot (Mozilla Firefox) : « On est là pour secouer le cocotier »

Sauf problème de dernière minute, Mozilla livrera la première release candidate (RC) de Firefox 4 dans la nuit de mercredi 9 mars à jeudi. Elle devrait être disponible à partir de cette page. La version finale pourrait donc arriver avant la fin du mois.

Support de l’accélération matérielle et du WebGL (la 3D), vitesse d’exécution globale démultipliée, refonte de l’interface et de l’ergonomie (avec les onglets placés au-dessus de la barre d’adresse à la Chrome – une option désactivable – mais aussi présentation «panoramique» de tous les onglets ouverts dans des espaces thématiques personnalisables), renforcement de la sécurité et de la protection de la vie privée (antitracking publicitaire, sécurisation des connexions par HTTP Strict Transport Security), l’implémentation du HTML5… Nombreuses sont les améliorations de cette nouvelle mouture du navigateur comme nous les avons largement évoquées précédemment.

Un bond en avant

Citons encore la création possible « d’onglets applicatifs » (accessibles en permanence depuis la barre des onglets) et l’amélioration de la gestion des extensions qui, pour la plupart, ne nécessitent plus le redémarrage du navigateur après leur installation. De même, plus simples à développer grâce au SDK Jetpack, elles automatiseront leur compatibilité avec les futures versions du navigateur. Les traitements des contenus multimédia profitent du HTML5 (vidéo et audio natives) mais aussi du Canvas 2D (rendu en JavaScript), des Data API Audio (gestion dynamique du flux audio), des CSS3 qui apportent enfin la promesse de pouvoir créer de vraies mises en page (transformation, transition, dégradés, collonage, ombre portée, masque vidéo), et notamment une typographie digne de ce nom. Liste non exhaustive que l’on pourra compléter à partir de cette page.

Page 2 : la mobilité au coeur de la stratégie de Mozilla« Firefox 4 est un véritable bond en avant par rapport à Firefox 3.6 », lance Tristan Nitot. Le président de Mozilla Europe est revenu sur les avancées du navigateur et des nouvelles ouvertures qu’il apporte. « Firefox 4 est une plate-forme pour le développement du web, l’interface utilisateur reflète le fait que les internautes utilisent aujourd’hui le web différemment, non plus comme un outil de simple consultation mais comme une application. » Les services cloud de Google Mail ou Maps, mais aussi des applications plus confidentielles comme l’éditeur de texte collaboratif EtherPad, le rappellent tous les jours.

Mozilla se concentre sur la mobilité

Mais la stratégie de Mozilla passe aussi, aujourd’hui, par la mobilité. « La version mobile de Firefox hérite de Geko, le moteur de Firefox, refondue avec une ergonomie optimisée [pour les smartphones] », explique Tristan Nitot. Autrement dit, toutes les fonctionnalités du navigateur de bureau se retrouvent sur le téléphone mobile (même si des limites matérielles sont à prévoir). Surtout, grâce à la fonction Sync, désormais native aux deux applications, l’internaute pourra synchroniser sa navigation, ses marques-page et ses mots de passe (sécurisés par chiffrement) entre son desktop et son mobile. Pratique pour poursuivre dans les transports une navigation initiée au bureau ou à la maison.

Dommage que Firefox Mobile ne soit, pour l’heure, limité à la seule plate-forme Android (et MeeGo/Maemo), Apple refusant l’application et Microsoft interdisant le code natif sur Windows Phone. Il n’en reste pas moins que Firefox poursuit sa stratégie multi-plateforme, y compris sur Windows XP (contrairement à IE9), déployé dans près de 80 langues, et s’inscrit, selon Tristan Nitot « comme le plus personnalisable des navigateurs ». Une avance (à ses yeux) qu’il convient de conserver pour continuer « à secouer le cocotier en proposant un produit de qualité ».

Une base de lancement

Dans ce cadre, Firefox 4 instaure une forme de rupture en constituant « une base de lancement d’une nouvelle génération de Firefox ». Et qui se traduira par l’accélération des nouvelles instances du navigateur avec, sur le calendrier, des versions 5, 6 et 7 programmées pour le courant de l’année. « L’idée est de construire un train plus petit mais aux passages plus fréquents pour implanter les nouvelles fonctionnalités plus rapidement. »

Utilisé par quelques 400 millions de personnes dans le monde, Firefox occupe environ 30 % du marché. Une part plus ou moins stable depuis un an. La version 4 relancera-t-elle sa progression? Tristan Nitot ne fait pas de pronostics. « Nous ne somme pas dans une optique de domination du marché, ni dans la logique commerciale de nos concurrents, mais dans celle de donner une voix à l’utilisateur. 30 % ça nous convient. Plus c’est mieux, moins, ce n’est pas un souci tant que nous occupons un taux représentatif. »