Truffle 100 : « Le logiciel ‘Made in France’ résiste à toutes les adversités »

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Malgré un recul des profits, la 10e édition du classement des 100 premiers éditeurs français de logiciels réalisée par Truffle Capital et le CXP, témoigne du dynamisme de la filière en termes de revenus et d’emplois. Dassault Systèmes, Cegedim, Murex et Sopra dominent.

La 10e édition du palmarès des 100 premiers éditeurs français de logiciels, le Truffle 100 réalisé par le spécialiste européen du capital-risque Truffle Capital et le cabinet de conseil CXP, témoigne de la vitalité du secteur, malgré le recul des profits. Le chiffre d’affaires « édition » des entreprises du classement a progressé de 5% sur un an pour atteindre 6,2 milliards d’euros en 2013. Et les effectifs sont en hausse de 3,5% à 78 800 emplois. L’effectif R&D de 15 000 chercheurs pèse désormais 19% de l’effectif total, soit 1 point de plus sur un an.

« Combien d’industries peuvent se targuer d’autant de dynamisme ? Le software ‘Made in France’ résiste à toutes les adversités. Il est un moteur de croissance et d’emplois. Pour soutenir la filière, le capital-risque, le crédit impôt recherche et le très attendu ‘Small Business Act’ à la française sont plébiscités », explique Bernard-Louis Roques, directeur général de Truffle Capital.

Dassault Systèmes au top, Netasq et Arkoon sortent

On constate quelques changements notables dans le classement : 8 acteurs sont entrants ou de retour dans le top 100, 6 éditeurs sont sortis suite à des opérations financières, à savoir : Neolane racheté par l’américain Adobe, Graitec suite au rachat d’actifs par Autodesk (US), STS Group racheté par Cecurity.com (FR), ASP 64 par AM Trust (Fr), Netasq et Arkoon par Airbus Defence and Space.

« Il est regrettable de constater qu’avec la sortie d’Arkoon et de Netasq du classement, il n’y a quasiment plus aucun acteur de la sécurité, et ceci malgré l’importance de ce secteur pour notre économie », commente Jacques Sebag, directeur général de l’éditeur de solutions de sécurité applicative DenyAll.

Les 5 premières entreprises du classement – les éditeurs Dassault Systèmes, Cegedim, Murex, la SSII Sopra et l’éditeur Axway – représentent 53% du chiffre d’affaires global du top 100 (9,3 milliards d’euros, dont 6,2 milliards pour l’édition). À lui seul, le spécialiste des solutions 3D Dassault Systèmes, leader incontesté de ce palmarès, pèse 30,3% du chiffre d’affaires total.

L’érosion des marges se confirme

Les revenus et les recrutements sont en croissance, dans l’ensemble. En revanche, les profits baissent pour la deuxième année consécutive, le résultat net des éditeurs du palmarès passant de 693 millions d’euros en 2012 à 604 millions d’euros en 2013 (-20%). « Le marché reste très dynamique, malgré la conjoncture économique difficile. Les affaires sont plus dures à conclure, les clients plus affûtés, des innovations marketing et commerciales sont nécessaires », explique à la rédaction Laurent Calot, président du directoire du cabinet d’analyse CXP.

« La transformation numérique des entreprises bouleverse les modèles d’affaires. Avec la montée en puissance des applications mobiles, du Big Data, du SaaS et du Cloud, les frontières entre éditeurs, intégrateurs, hébergeurs et prestataires de services IT, sont plus floues. Et le choix de solutions n’est plus réservé aux DSI, voire aux directions métiers. Les directions générales, les directoires et les conseils de surveillance sont de plus en plus impliqués », ajoute-t-il.

Les régions Île-de-France et Rhône-Alpes sont des moteurs

Sans surprise, les deux régions moteurs du Truffle 100 France demeurent l’Île-de-France et, loin derrière, la région Rhône-Alpes. L’Île-de-France génère, à elle seule, 82% du chiffre d’affaires édition des entreprises du classement, et rassemble 84% des effectifs (même taux pour les personnels dédiés à la R&D). La région Rhône-Alpes pèse 8% du chiffre d’affaires édition et 7% des effectifs de la filière (voir aussi : Infographie : la grille des salaires IT 2014 en Île-de-France, PACA et Rhône-Alpes).

Un « Small Business Act » à la française

En France, les politiques publiques en faveur de l’innovation sont désormais portées par Arnaud Montebourg, ministre de l’Économie, du Redressement productif et du Numérique du gouvernement Valls, et par Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique à la suite de Fleur Pellerin, passée au Commerce extérieur. Ces politiques font l’objet de toute l’attention de l’écosystème en France comme à l’international.

Ainsi,  pour les éditeurs du Truffle 100  France, les mesures publiques les plus susceptibles de soutenir la croissance de la filière, sont essentiellement : le développement du capital-risque (pour 56% d’entre eux), le crédit impôt recherche (50%), un « Small Business Act » à la française (35%) et le programme européen dédié à la R&D (33%).

Truffle 100_avril 2014

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Auteur : Ariane Beky
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