TV Mobile: DiBcom miniaturise ses composants DVB-H

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La nouvelle puce du fabricant français constitue un nouvel atout pour la technologie DVB-H qui devrait être utilisée notamment en France pour la télévision mobile hertzienne

Succès de la 3G, la télévision mobile n’en est qu’à ses débuts. Pour le moment diffusée en

streaming (flux constant) sur les réseaux UMTS des opérateurs, la TV mobile téléphonée va très vite se heurter à un mur. En effet, le flux de télévision utilise les réseaux des opérateurs, des réseaux qui risquent de saturer lorsque des millions d’utilisateurs regarderont ces programmes simultanément. D’où l’intérêt de la télévison mobile diffusée qui utilise les ondes hertziennes. Il s’agira en fait de proposer une sorte de TNT mobile. Les industriels testent depuis de longs mois des technologies hertziennes de diffusion. Sur ce terrain, différentes normes tentent de s’imposer. En Europe, c’est la norme DVB-H (Digital Video Broadcasting – Handheld), activement soutenue par le géant Nokia qui semble susciter l’intérêt des opérateurs et tirer son épingle du jeu. La technologie est prête et s’améliore. Le français DiBcom, leader dans les composants DVB-H, annonce aujourd’hui un nouveau type de composant plus petit, moins coûteux et totalement intégré (à l’image des composants Wi-Fi ou Bluetooth). Ce sont là autant d’arguments supplémentaires pour les partisans de cette norme. La nouvelle puce de réception ne mesure pas plus d’un centimètre carré contre 3 pour le précédent modèle. Elle pourra donc s’intégrer beaucoup plus facilement dans les terminaux mobiles, qu’il s’agisse de téléphones ou de baladeurs vidéo. Surtout, le nouveau composant est multi-bande. Il est compatible avec les bandes hertziennes UHF, VHF et L, utilisée notamment en Amérique du Nord. Par ailleurs, le coût unitaire a été revu à la baisse. “Nous nous engageons à le vendre moins de 10 dollars l’unité (pour une commande de 100.000 unités)”, nous explique Yannick Lévy, p-dg de DiBcom. Le facteur prix est en effet très important pour convaincre opérateurs et fabricants de terminaux. “Maintenant, ils savent que l’intégration de la fonction TV peut se faire de manière peu onéreuse. Rappelez-vous que les premiers composants camera dans les photo-phone géneraient un surcoût de 70 dollars par téléphone!”, ajoute-t-il. Avec un produit plus petit et moins cher, DibCom espère accélérer le mouvement et les prises de décision. Ce qui semble être le cas en Europe. “On ressent l’intérêt pour ces solutions intégrées. La demande du marché est forte et on commence à prendre de grosses commandes, notamment en Italie qui est très en avance sur le DVB-H”, souligne Yannick Lévy. Pour autant, si les tests autour du DVB-H se sont multipliés en France, certains pointent ses limites. Il y a d’abord le problème de la disponibilité des fréquences qui impacte globalement la TV mobile diffusée. Mais aussi le problème de réception ‘indoor‘ (à l’intérieur des immeubles) qui pénaliserait le développement de DVB-H. “Pour les fréquences, des solutions existent, il suffit d’observer ce qui a été fait à l’étranger, notamment en Italie”, précise le p-dg de DiBcom. D’ailleurs, comme le préconisent de nombreux industriels comem Alcatel, il sera possible de faire coexister les deux technologies: terrestre pour les chaînes nationales et streaming pour les chaînes thématiques. “Concernant l’indoor, ce n’est pas une question de technologie mais de densité de réseau. Rappelez-vous le GSM: au départ, la réception dans les immeubles était médiocre. Mais progressivement, à mesure que le réseau s’est déployé, les choses se sont arrangés. Le principe est le même pour le DVB-H”. Mais en tout cas, il ne faudra pas compter sur un lancement ‘mass-market’ de ce très attendu service avant 2007.


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