TV Mobile : Ericsson veut se démarquer avec le MBMS

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Cette couche logicielle devrait permettre une amélioration de la diffusion 3G en complément du DVB-H. Mais l’équipementier reste peu bavard quant aux coûts

Le décollage de la TV Mobile en Europe et notamment en France devrait se produire cet été avec les Jeux Olympiques de Pékin. C’est à ce moment que les opérateurs devraient lancer leurs offres de TV en DVB-H si tout est réglé au niveau de l’attribution des chaînes (ce qui est loin d’être gagné…).

Depuis plusieurs années, les équipementiers télécoms fourbissent leurs armes afin de s’emparer d’une part du gâteau. Alcatel-Lucent a ainsi présenté pas mal de solutions allant de l’infrastructure (notamment avec le DVB-SH qui exploite le satellite) aux interfaces utilisateurs. Mais le franco-américain est marqué à la culotte par son concurrent Ericsson qui entend lui aussi adresser tous les étages de la fusée TV Mobile.

“Nous voulons être un acteur majeur de la TV Mobile, depuis les réseaux jusqu’aux terminaux”, affirme Charles Dessonet, directeur général Multimédia du groupe suédois. “Nous sommes déjà les leaders dans la TV Mobile diffusée en 3G/3G+ avec 70 lancements dans le monde”.

Comment Ericsson entend-il se démarquer ? En améliorant la TV Mobile en 3G dont les limites sont connues.

“Il devient clair que la TV Mobile combinera deux technologies. L’unicast (3G/3G+) pour les chaînes thématiques ou interactives et le broadcast (DVB-H) pour les grosses chaînes. Or ces deux technologies ont des limites : l’unicast est limité en nombre d’utilisateurs présents autour d’une cellule. Le DVB-H est limité en nombre de chaînes et pose des problèmes en indoor. Notre technologie hybride MBMS (Multimedia Broadcast Multicast Service) permet de considérablement réduire ces défauts de manière très économique pour les opérateurs”, ajoute Charles Dessonet.

Concrètement, le MBMS est une couche logicielle qui nécessite un simple upgrade logiciel du côté du réseau 3G des opérateurs et l’ajout d’un logiciel sur le terminal. Selon Ericsson, il permet d’élargir au multicast la diffusion de la TV Mobile en 3G et d’offrir plus de chaînes et plus de couverture au DVB-H. Traduction, une population bien plus large pourra recevoir simultanément un flux TV en 3G.

L’affaire semble séduisante pour les opérateurs car la TV Mobile constitue un très fort levier de croissance (6 millions d’abonnés attendus en quelques années). Pour autant, Ericsson reste peu dissert sur les coûts de migration de sa technologie. L’équipementier se contente d’affirmer que le coût de l’upgrade est assez proche de celui qui permet à un réseau 3G de passer en 3G+. Et ne dit pas si les fabricants de mobiles sont prêts à intégrer cette technologie (avec un logiciel compatible) dans leurs terminaux.

En attendant, Ericsson indique que des tests sont en cours mais ne dit pas si un opérateur a opté pour cette solution.

Ericsson ne compte pas s’arrêter à cette technologie. Outre les infrastructures et le MBMS, le groupe vise également le marché des interfaces utilisateurs et de la publicité mobile. Le groupe a ainsi dévoilé une nouvelle interface qui “permet de retrouver l’expérience IPTV sur son mobile”. “Avec ce type de logiciel, on double le temps d’utilisation du service car il devient très simple de zapper entre des chaînes unicast ou broadcast”, affirme Charles Dessonet.

Dans la publicité, Ericsson propose des solutions d’intégration de publicités (bannières mais aussi contenus interactifs et personnalisés) aux éditeurs. “Nous ne sommes ni éditeurs, ni régie publicitaire mais nous mettons à disposition des outils afin de développer ce marché. Deux expérimentations sont déjà en cours”, détaille le directeur général.

Enfin, à l’autre bout de la chaîne de valeurs, Ericsson compte sur le succès des mobiles Sony-Ericsson pour boucler son écosystème. Pour autant, il faudra compter avec un poids lourd de la TV Mobile, le finlandais Nokia dont les références DVB-H commencent déjà à se multiplier.

Selon OC&C Strategy Consultants, le marché français de la télévision mobile pourrait compter 10 millions d’abonnés en 2016, et atteindre les 900 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Selon une étude de NPA, la télévision mobile personnelle pourrait rassembler entre 5,7 et 8,5 millions d’utilisateurs à fin 2012 selon les scénarios retenus. La publicité générée par ce nouveau marché pourrait atteindre 81 millions d’euros en 2012 dans le cadre d’une offre gratuite.


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