TV sur mobile: alliance entre Nokia, Intel, Motorola et TI autour du DVB-H

Régulations

Les quatre géants mettent en place la ‘Mobile DTV Alliance’ afin de promouvoir la technologie de diffusion DVB-H

Dans la téléphonie mobile, la grande prochaine révolution concerne la télévision. Si aujourd’hui, recevoir des programmes de TV sur son mobile 3G est possible (ce service est d’ailleurs un des plus populaire), la technologie utilisée va vite montrer ses limites.

En effet, le flux de télévision utilise les réseaux des opérateurs, des réseaux qui risquent de saturer lorsque des millions d’utilisateurs regarderont ces programmes en ‘streaming’ et en même temps. Pour éviter cet écueil, les industriels testent depuis de longs mois des technologies hertziennes de diffusion. Il s’agira de recevoir sur son mobile la télévision via les antennes hertziennes, à la manière de la TNT mais en mobilité. Cette technologie utilise les ondes radio et ne passe plus par les réseaux des opérateurs. Sur ce terrain, différentes normes tentent de s’imposer. En Europe, c’est la norme DVB-H (Digital Video Broadcasting – Handheld), activement soutenue par le géant Nokia qui semble susciter l’intérêt des opérateurs et tirer son épingle du jeu. Surtout en Europe. Différents tests, notamment en France, utilisent cette technologie dont le lancement grand public est prévu pour 2007-2008. Mais rien n’est encore fait. Afin de convaincre, les partisans du DVB-H ont décidé de s’unir afin de créer un lobby. Nokia s’est ainsi allié avec Intel, Motorola, Texas Instruments et Modeo, et ont mis en place la ‘Mobile DTV Alliance’. Il s’agira d’encourager le développement de standards ouverts, et surtout le DVB-H pour la diffusion de la télévision sur mobile, notamment en Amérique du Nord. Cette alliance tombe à pic. Car la norme DVB-H essuie depuis quelques mois des critiques, notamment en France. “La question des fréquences pose problème”, explique Gilles Bregant, directeur technique pour le CSA (Conseil supérieur de l’Audiovisuel). L’explication est simple: le DVB-H exploite le réseau hertzien analogique UHF qui aujourd’hui est saturé en France. Il le sera tant que les chaînes hertziennes ne basculeront pas de l’analogique au numérique. Ce qui prendra du temps. Faute de fréquences libres, l’offre en chaînes sera limitée. Pire, cette norme poserait problème pour une diffusion ‘indoor’ où elle est faible (à l’intérieur des immeubles). Or, ce mode de consommation est attendu par les utilisateurs, selon les retours d’expérience des opérateurs qui ne s’attendaient pas à ce résultat. “Si le ‘indoor’ est prédominant dans les usages, il faudra se poser la question d’une technologie alternative”, prévient Didier Huck, VP chez Thomson. Deux solutions sont possibles. La première consiste à libérer les fréquences analogiques mais cela pose un problème de réglementation. La seconde consiste à se tourner vers une autre technologie. Précisément, l’idée est de mixer DVB-H et satellite. “Cette technologie mixte d’accès a fait ses preuves”, souligne Nick Stubbs, directeur général d’Astra France. “Elle permet une meilleure qualité et une meilleure couverture, notamment en ‘indoor'”. Même tonalité pour Olivier Coste, directeur de la stratégie et du développement pour Alcatel Space: “Nous nous orientons clairement vers une proposition mixte, satellite/terrestre qui permet une couverture globale et un nombre plus important de chaînes.”. Rien ne semble donc joué en Europe et en Amérique du Nord. D’où l’opportunisme de cette alliance. Car d’autres industriels comme Qualcomm tentent aussi de mettre en avant leurs technologies maison (MediaFlo). Mais il faudra se mettre d’accord autour d’un seul strandard. De nombreux acteurs du marché soulignent l’importance d’un standard commun en Europe. “Un standard ouvert et commun, au moins en Europe, est crucial”, martèle un directeur technique d’Eutelsat. “Il s’agit d’un critère déterminant pour assurer la continuité de service et la solidité du modèle économique de la TV sur mobile”, renchérit Bertrand Mabille, directeur de la stratégie et de la réglementation pour SFR. Selon le cabinet Informa Telecoms, en 2010 on comptera 124,8 millions d’utilisateurs pour la TV mobile. Selon l’auteur de ce rapport, la technologie DVB-H, représentera à cette date 60 % du marché. Les combinés capables de diffuser de la TV en direct s’écouleront à 83 millions d’exemplaires en 2010 contre 130.000 en 2005. Les abonnés seraient prêts à débourser entre 5 et 10 euros par mois pour accéder à la TV mobile.


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