Twitter et les arts, le début d’une grande histoire d’amour (virtuelle) ?

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Démocratiser l’opéra et la littérature via Twitter, le site de microblogging ? C’est la magie du web 2.0 qui permet de lire un roman tweet après tweet, ou d’écrire un opéra en communion avec des millions (?) d’autres personnes. Merci qui ? Merci Twitter !

Twitter s’intéresse aux Arts. Ou peut-être serait-ce le contraire? Les Arts s’intéresseraient au fameux site de micro-blogging. Preuves à l’appui : l’Opéra Royal de Londres sollicite les Twitterers pour écrire le livret d’un opéra, et l’auteure britannique Philippa Grégory qui publie son dernier roman, The White Queen (La Reine Blanche) le 18 août en librairie, le diffuse d’abord par tranches de 140 signes sur Twitter (« by tweets »).

Twitter en ébullition ? Le pléonasme vaut le détour. Depuis le 11 août, The White Queen, le dernier roman de la britannique Philippa Grégory, est diffusé, petit à petit, viaces micro-messages de 140 signes. L’auteur a découpé et condensé son roman afin de le mettre en ligne sur Twitter à @ElizWoodville. C’est la reine Elizabeth Woodville, l’héroïne, qui prend la parole, tweet après tweet, sur Twitter.

L’auteure y voit là un « défi» qu’elle détaille au Guardian. « Écrire en tweets relève d’une vraie discipline, comme pour l’haïku, et la petitesse des phrases donne à chacune d’elles un rythme qui est très intéressant pour de la prose. J’avais plus l’impression d’écrire un poème que de la prose. Et certains de mes tweets me semblaient plus tranchés que la prose du livre lui-même ».

« Coup de jeune » ou « coup de pub », les avis sont très partagés

La diffusion de son livre sur Twitter s’arrêtera le 17 août, veille de la sortie de The White Queen en librairie. 17 août pour le livre et 6 septembre pour le livret de l’opéra. Opéra pour lequel les Twitterers n’ont cette fois rien à lire, sinon tout à écrire. « Un matin, très tôt, un homme et une femme sont debout, bras dessus, bras dessous, à Covent Garden. L’homme se tourne vers la femme et se met à chanter… » L’institution de Covent Garden a donné la première phrase de l’intrigue, aux Twitterers de la poursuivre sur le compte Youropera. Le Royal Opera House (ROH) recueille les différents tweets pour les arranger ensuite avec des airs d’opéra connus et de la musique originale.

« Coup de jeune » ou « coup de pub » ? Certains s’émerveillent, d’autres moins . « C’est l’opéra du peuple, s’enthousiasme auprès de The Independant Alison Duthie, du ROH. Il s’agit du moyen parfait pour impliquer tout un chacun dans le processus de création de l’opéra. C’est la forme ultime de raconter une histoire. » Plus sec, Jeremy Pound, du BBC Music Magazine constate lui que « c’est un accident qui devait finir par arriver. Tant que ça ne reste qu’une expérience, ce n’est pas trop grave. Mais cela ne doit pas prendre le pas sur les choses sérieuses faites à l’Opéra ».

Réjouissons-nous donc de ce mélange des genres mais avouez quand même que lire un bouquin, pré tronçonné, à l’envers (puisque les tweets apparaissent par chronologie inversée, des plus anciens aux plus récents), ça n’a rien de très réjouissant. N’en déplaise aux amateurs de l’exercice « littéraire » en question. Réjouissons-nous tout de même puisque, comme le disait Philippe Meyer il y a quelques temps encore : « Nous vivons une époque moderne et le futur ne manque pas d’avenir ».


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