Un ‘cyber-dissident’ nord-vietnamien recouvre la liberté

Régulations

Condamné à douze ans de prison pour avoir critiqué sur la Toile le parti communiste nord-vietnamien, et accusé par ce dernier d’espionnage, un cyber-dissident vient d’être libéré pour bonne conduite, à l’occasion d’une amnistie accordée pour le nouvel an lunaire traditionnel

“C’est bien d’être libéré, mais je dois rester en résidence surveillée pendant trois ans”, a expliqué au téléphone à l’AFP, l’ancien prisonnier, Nguyen Khac Toan, aujourd’hui âgé de 50 ans. Arrêté dans un cybercafé, cet ancien officier de l’armée nord-vietnamienne avait été condamné en décembre 2002 à l’issue d’un procès éclair dans la capitale, Hanoi. “Après quatre ans en prison, je me sens très faible physiquement parce que la prison, c’est l’enfer”, a-t-il déclaré. “Nous devions travailler, il y avait beaucoup de prisonniers et je devais suivre des règles très dures”. Toan a précisé avoir été enfermé dans une cellule plus de 14 heures par jour avec 65 autres prisonniers où il tressait du bambou destiné à l’exportation. Il s’est plaint de douleurs à la colonne vertébrale et de problèmes de pression artérielle. A l’époque des faits, le parti communiste, avait considéré que le dissident avait “calomnié et dénigré les cadres du parti et de l’Etat, en envoyant des lettres électroniques et en fournissant des informations à certains Vietnamiens réactionnaires exilés en France”. Nguyenc Khac Toan faisait partie à l’époque d’un mouvement demandant une réforme démocratique du système vietnamien. Une idée pas franchement au goût du tout puissant parti? Il a rappelé à l’AFP qu’il s’était lié d’amitié avec le dissident aujourd’hui disparu, Tran Do, ainsi qu’avec Hoang Minh Chinh, militant âgé de 83 ans récemment victime de harcèlements après être revenu d’un voyage aux Etats-Unis. “Je devais imprimer un livre réunissant des articles appelant à des réformes démocratiques”, qui a été envoyé aux plus hauts responsables du Parti Communiste Vietnamien (PCV) et du gouvernement, a indiqué Toan. Ce n’est pas le premier internaute à subir l’intolérance du parti. Depuis plusieurs années, le régime est de plus en plus intolérant. La moindre contestation peut entraîner de graves sanctions, avec emprisonnement ferme.


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