USA : Bush s’investit sur la propriété intellectuelle. Oui mais?

Régulations

L’application des droits de propriété intellectuelle hors des frontières des États-Unis s’affiche comme une des priorités de l’administration Bush. Le nouveau coordinateur international de la NIPLECC a été nommé directement par la Maison-Blanche

La protection des droits intellectuels est devenue une démarche stratégique pour l’administration américaine, qui renforce sa position en prenant la tête de la coordination des campagnes antipiratage que le gouvernement Bush entend multiplier à l’étranger.

Nouvel axe de cette stratégie, le National Intellectual Property Law Enforcement Coordination Council (NIPLECC), qui coordonne et supervise les programmes internationaux de protection de la propriété intellectuelle avec les agences des divers pays adhérents. L’administration Bush vient donc de prendre la tête de cette organisation en nommant directement à partir de la Maison-Blanche son nouveau coordinateur. Il s’agit de Chris Israel, qui exerçait jusqu’à présent le poste de chef de cabinet du secrétaire américain au Commerce Carlos M. Gutierrez. Si la coordination entre les divers services des pays membres s’impose pour assurer une protection de la propriété intellectuelle transversale entre les pays du monde, il est à craindre que cette prise de pouvoir n’ait d’autre but – une nouvelle fois ! – que de protéger que intérêts américains. Ainsi, Carlos M. Gutierrez n’a rien caché de la stratégie américaine en évoquant la nomination du nouveau coordinateur. “Le génie et l’innovation américaine pilote les forces de notre économie et nous devons protéger nos idées, chez nous comme à l’extérieur. Cette nouvelle position va nous aider à être encore plus agressifs, et aussi nous aider à mieux coordonner notre combat contre les pirates de la propriété intellectuelle“. Une déclaration que vient confirmer le discours officiel qui a accompagné la nomination de Chris Israel, et qui affirme que cette dernière n’a d’autre but que de permettre au gouvernement américain de lutter contre le problème du piratage en utilisant les ressources des agences gouvernementales dans un monde effort unifié et global. Selon le United States Trade Representative (USTR), environ 7 % de l’ensemble des marchandises présentes sur le marché mondial sont des contrefaçons. Une pratique qui touche plus particulièrement les médias. Ainsi, la Business Software Alliance (BSA) estime que 90 % de la musique et des films en Chine sont piratés, et qu’en Russie 87 % des technologies Internet américaines sont détournées. Et s’il est bien évident que le piratage et la contrefaçon sont une plaie ouverte dans les économies modernes, et qu’avec sa position de leader économique du monde, les États-Unis sont l’une des principales victimes de ces pratiques, les discours viennent plutôt confirmer que la démarche de l’administration Bush n’a d’autre but que la défense des seuls intérêts de l’industrie américaine?


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