USA : Google sponsorise le projet de la bibliothèque du Congrès

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Nouveau projet mondial de bibliothèque virtuelle, la World Digital Library est lancée par la Bibliothèque du Congrès américaine, avec un premier sponsor, l’inévitable Google

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U.S. Library of Congress est une bibliothèque d’Etat unique : moins de la moitié des documents qui la composent sont en anglais. Elle est marquée par la diversité d’origines de la société américaine. On y retrouve des documents en provenance des Etats-Unis, bien évidemment, mais aussi du Brésil, d’Espagne, de France, de Hollande ou de Russie. Mais James Billington, bibliothéquaire du Congrès, a d’autres ambitions, réunies sous le projet générique de la ‘World Digital Library‘. Il cherche à attirer des fonds privés pour développer des projets bilingues et collecter des millions d’objets en provenance de Chine, d’Inde, du monde arabe, ou d’autres nations. “La World Digital Library est une tentative d’aller au delà de l’Europe et des Amériques? vers des cultures où se situe la majorité du monde. Nous essayons de faire un enregistrement documentaire des autres grandes cultures du monde. Combien serons-nous capables de faire dépendra du nombre de partenaires additionnels que nous attirerons“. Et pour débuter, la Bibliothèque du Congrès annonce un premier partenaire, Google, avec une donation de 3 millions de dollars. La participation du moteur de recherche ne sera pas seulement financière. Google s’est engagé à développer des standards pour l’indexation de collections numériques et en fournissant du matériel informatique. Google n’a cependant pas indiqué si les numérisations de la Librairie du Congrès ou du projet World Digital Library viendront alimenter ses propres projets controversés de bibliothèques en ligne. On peut en revanche s’interroger sur les finalités de ces projets. En effet, face à la levée de boucliers partout dans le monde contre les projets de Google, le moteur de recherche pourrait trouver auprès du Congrés américain un appui pour une légitimité qui lui est refusée hors des Etats-Unis. Quant à l’administration américaine, elle pourrait bien tenter de rattraper le terrain perdu face à l’Europe en incitant les nations émergeantes à la rejoindre sur ce projet. Sauf qu’en matière culturelle, on peut s’interroger sur la motivation des Etats-Unis: s’agit-il d’une simple vitrine culturelle?


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