USA : inquiétudes sur les passeports ‘à distance’

Régulations

L’administration Bush a ajouté une nouvelle fonctionnalité aux futurs passeports numériques, attendus pour la fin 2005 : ils devront pourvoir être lus à 30 pieds, soit environ à 9 mètres?

Le RFID dans les passeports ! Selon l’

American Civil Liberties Union (ACLU), qui a pu accéder à une copie de documents en s’appuyant sur le Freedom of Information Act, l’administration Bush aurait imposé une nouvelle directive technique au cahier des charges des futures passeports. Dès la fin 2005, les passeports américains devront être équipés de technologies numériques destinées à éviter le détournement des identités et la contrefaçon de passeports. La nouveauté révélée par l’ACLU provient de la capacité de lire les passeports à distance et sans fil, ce qui s’appelle le ‘skim. La lecture électronique devrait être rendue possible dans un rayon de 30 pieds, soit environ 9 mètres. Mais cette mesure pose deux problématiques : la plus simple est technologique. Faut-il que la puce intégrée dans les passeports puisse émettre ? La réponse est non, d’autant que ce type d’émetteur est déconseillé dans les avions et à proximité des systèmes de sécurité électronique. Les puces devront donc être équipée d’une antenne suffisante pour être lues à distance. Les experts évoquent un long fil métallique dissimulé dans la couverture des passeports. La problématique la plus importante rejoint les droits individuels. Avec un tel système, qui pourra empêcher une organisation d’identifier à leur insu les personnes qui participent à une manifestation, politique par exemple ? D’autant plus que Frank Moss, deputy assistant secretary du service des passeports a indiqué que les informations stockées sur la puce ne seraient pas cryptées. C’est d’ailleurs une aberration du système déployé aux Etats-Unis : outil de sécurité destiné à protéger l’identité des individus, le futur passeport ne protègera pas les données ! Et d’imaginer des terroristes capables avec un simple détecteur d’identifier sans se découvrir les ressortissants américains présents à proximité. D’autant plus que le projet prévoit que soient stockés sur la puce le nom, la date de naissance, le bureau où a été réalisé le passeport et une identification biométrique du visage de son propriétaire. Par ailleurs, l’ACLU relève que la capacité de la puce dépasse largement le volume de ces données, et s’interroge sur ce que l’administration américaine pourrait stocker en plus de ces informations ? On évoque les ‘driver licenses‘, les permis de conduire, ce qui sous entend que le passeport électronique pourrait être étendu à toute la population américaine adulte, des sueurs froides en perspectives pour la garantie des droits privés?


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