USA : la MPAA s’attaque au téléchargement de films

Régulations

Après l’industrie américaine du disque, c’est au tour de l’industrie du cinéma de s’attaquer directement aux internautes adeptes du P2P

Avec l’augmentation des débits, les films sont les nouvelles stars du peer-to-peer. Et cela depuis un certain temps déjà. La MPAA (

Motion Picture Association of America) se réveille et va lancer le 16 novembre des poursuites contre les utilisateurs de ces réseaux d’échange. En application du Copyright Act, les contrevenants pourront se voir condamner à verser une amende de 30.000 dollars par film illégalement copié ou distribué, et 150.000 dollars par film au cas ou l’infraction avec recherche de profit serait prouvée. “Les personnes qui s’échangent des fichiers doivent comprendre que de mauvaises choses peuvent arriver lorsqu’elles dérobent du matériel faisant l’objet de droits. Ces poursuites ne sont qu’une de ces mauvaises choses” a déclaré Dan Glickman, le président de la MPAA. Selon l’association, entre 115.000 et 148.000 films seraient illégalement échangés quotidiennement sur les réseaux de peer-to-peer aux Etats-Unis. Chaque film représenterait en moyenne un volume de 1,35Go, pour une durée de téléchargement de 12 à 18 heures. Réduite à 3 à 6 heures avec les nouvelles technologies. L’industrie du cinéma suit donc à la lettre l’industrie du disque, qui par l’intermédiaire de la RIAA a engagé plus de 5.000 poursuites contre les internautes après avoir vainement essayé de lutter contre les éditeurs des plate-formes de P2P. Mais pourquoi avoir tardé et ne s’engager qu’aujourd’hui sur les pas de la musique ? “La grande disparité de temps entre le téléchargement d’un film et d’une chanson a été une des raisons pour l’industrie du cinéma de ne pas suivre l’industrie du disque. Cette distinction tend à s’estomper rapidement. Nous lançons ces actions pour essayer et prévenir que ces activités illégales ne deviennent un comportement généralisé“. La réaction du grand public ne s’est pas faite attendre, en particulier par l’intermédiaire des organisations de défense du consommateur. L’incapacité de l’industrie du cinéma, comme du disque d’ailleurs, à faire évoluer leur modèle économique afin d’intégrer Internet est largement mise en cause. Car où est l’alternative légale? Nulle part. Il n’existe encore aucun véritable service de téléchargement légal et surtout séduisant au niveau des tarifs. Mais surtout, c’est une nouvelle fois l’internaute lambda qui trinque, et non pas ceux qui volontairement contrefont les productions protégées et les mettent en ligne. Ce à quoi la MPAA répond en indiquant qu’elle n’entendait pas poursuivre les individus, mais aurait au contraire donné des directives à ses hommes de loi pour poursuivre en priorité les contrevenant qui font un commerce des copies illégales. Gil Cates, représentant la toute puissante Directors Guilde of America – le syndicat des réalisateurs de cinéma ? a rappelé fort justement que “C’est la question basique de ce qui est juste et légal. Nous aimerions qu’il y ait une solution parfaite. Nous aimerions que tout soit gratuit et que personne n’ait à payer qui que ce soi. Mais ce n’est pas le monde dans lequel nous pourrions faire des films“. Alors la MPAA a fait son choix, et comme pour la musique, ce sera le bâton pour faire peur ! Et au hasard. Mais au fait, le cinéma est-il pénalisé par le P2P? Les entrées dans les salles obscures baissent-elles? Absolument pas. Tout cela rappele l’époque du magnétoscope, les studios avaient alors tenu le même discours alarmiste et désespéré, prédisant la fin de leur industrie à cause de la VHS.


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