USA : les recommandations des FAI contre le ‘spam’

Sécurité

L’ASTA ? Anti Spam Technical Alliance ? qui réunit les principaux fournisseurs d’accès américains dans la lutte contre le ‘spam’, publie ses recommandations, mais laisse planer un doute quant à l’attitude de l’Administration Bush face au phénomène

AOL, Microsoft, Yahoo et EarthLink, les quatre principaux fournisseurs d’accès américains, travaillent depuis plusieurs mois à unifier leurs efforts afin de lutter contre le ‘spam’, ces e-mails intrusifs qui polluent nos messageries et présentent des dérives mafieuses.

Avant de présenter leurs recommandations à l’industrie, ils se sont réunis au sein de l’ASTA (Anti Spam Technical Alliance). L’objectif de l’alliance est donc de réduire les courriers électroniques non sollicités, le spam. Pour cela, les recommandations de l’ASTA se sont concentrées sur l’élimination des contrefaçons d’emails et sur la préventions des clients des FAI (fournisseurs d’accès à Internet) sur les risques de voir leurs postes devenir source de spam. Informer et bloquer le ‘spoof’ La première démarche devrait consister en une élimination des domaines ‘spoofés’ (dont l’adresse est détournée au profit des pirates, lire nos articles) via les IP et signatures des bases des expéditeurs. La seconde à informer sur les bonnes pratiques à mettre en application individuellement et au sein des structures. Pour Brad Garlighouse, vice président des produits de communication de Yahoo, l’adoption des meilleures pratiques et usages de bon voisinage vont permettre de modifier les règles du jeu pour tous les spammeurs. “Avec les solutions que nous proposons, l’ASTA franchit un énorme pas en avant vers les technologies collectives et efficaces pour réduire le spam et la contrefaçon d’emails“. Identifier les expéditeurs Les membres de l’ASTA entendent bien entendu travailler aussi au niveau des expéditeurs, en proposant d’identifier la légalité de la source des campagnes d’emailing. Une démarche logique pour la profession, profitable aux annonceurs comme aux fournisseurs d’accès. Mais qu’en pense l’internaute ? Des solutions qui soulèvent de nouvelles questions ! L’annonce de l’ASTA fait suite au refus de la FTC (Federal Trade Commission) devant le Congrès américain de mettre en place une liste rouge des internautes qui ne souhaitent pas figurer sur les listings d’adresses emails des sociétés de marketing. Et elle pourrait signer l’arrêt des démarches directes et législatives de l’administration américaines pour lutter contre le spam ! En cédant à la pression des groupes de communication, qui ont obtenu l’acceptation de l’internaute après expédition des emails commerciaux (opt-out) – alors que l’Europe a choisi la qualification des internautes en préalable à toute expédition (opt-in) ? l’administration Bush a en effet accouché d’une réglementation qui a démontré sa totale inefficacité, le Can Spam Act. L’administration Bush pourrait donc abandonner au secteur privé le soin de réguler les technologies, et de développer les outils adaptés à la lutte contre les déviances d’Internet. Certes, les entreprises sont au c?ur des technologies, mais à bien y regarder sur les recommandations de l’ASTA, l’industrie entend en priorité se protéger plus que de protéger ses clients. C’est là le principal danger de la privatisation de la lutte contre le ‘spam’? Les technologies à déployer font appels à l’industrie, qui -quoi qu’il arrive- s’efforcera de protéger ses intérêts, qui ne sont pas forcément ceux de ses clients. L’internaute américain risque fort de se retrouver otage d’un conflit d’intérêts dont il sera toujours la principale victime, mais on fera bien attention à ne pas le lui dire !


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