USA : report du domaine ‘net sex, .xxx ‘

Régulations

L’administration Bush a demandé à l’Icann de reporter sa décision d’approuver le domaine .xxx. Sujet polémique par excellence?

Nouvelle démonstration du contrôle effectivement exercé par l’administration américaine sur Internet. L’Icann,

Internet Corporation for Assigned Names and Numbers, a reporté à la demande de l’administration Bush la creation du domaine .xxx consacré à l’industrie du sexe. En charge de l’agrément des noms de domaine, l’Icann avait donné son agrément préliminaire au domaine .xxx en juin dernier. L’ouverture du domaine était programmée pour ce mardi 16 août. Mais c’était sans compter avec le puritanisme de l’Amérique, imprégnant toute une frange de l’électorat relayée par le président Bush et son entourage. Officiellement, l’administration américaine a justifié le report de l’adoption du .xxx par la volonté d’étudier l’impact de ce nouveau nom de domaine. Mais l’entourage du président défend en réalité la théorie selon laquelle un domaine consacré au sexe encouragerait la pornographie sur le Web. ICM Registry, groupement dit à but non lucratif, est à l’origine de ce projet de domaine réservé aux contenus adultes: il a déposé un dossier voici cinq ans déjà. Il a accepté le report d’un mois afin de répondre à certaines interrogations avancées. Paradoxalement, cet organisme milite pour un nom de domaine réservé au sexe et à la pornographie afin d’offrir un meilleur contrôle pour les enfants comme les adultes. “Aider à protéger les enfants du risque d’être exposés à la pornographie en ligne, et aussi d’apporter un impact positif sur les loisirs adultes en ligne au travers de l’engagement volontaire de l’industrie“. Le scepticisme quant au contrôle des contenus sexuellement explicites est justifié, mais si toute l’industrie du sexe adoptait ce nom de domaine, le contrôle parental pourrait être, en revanche, simplifié. Il reste que le lobby puritain américain est puissant ! Le Département du commerce affirme avoir reçu 6.000 lettres et courriels d’individus inquiets de l’impact de la pornographie sur les enfants et la famille. L’opposition à ce projet ne cesse de grandir, car forte de sa puissance, l’administration Bush chercherait à rallier d’autres dirigeants d’autres nations derrière sa démarche. ICM Registry a tenu cependant à rappeler que les contenus adultes génèrent 10% du trafic Internet mondial, et 25% des requêtes des internautes sur les moteurs de recherche ! Une réalité difficile à nier. Créer un domaine .xxx ne mettra pas fin à la pornographie en ligne, mais ne pas créer de domaine spécifique n’y mettra pas fin non plus ! Une extension de domaine en .xxx, si elle simplifiera la reconnaissance et donc l’accès à des sites au contenu adulte, pourrait, en contre-partie, faciliter l’interdiction d’accès à ces contenus. C’est là toute l’ambivalence du projet. Et dans cette cacophonie d’avis divergents, émerge comme toujours aux Etats-Unis la voix des défenseurs de la Constitution, pour qui interdire relève d’une démarche privée, mais qui paradoxalement craignent que, si le domaine .xxx est accepté, d’autres problèmes de censure ne se multiplient. Bref, quelle que soit la décision de l’Icann, il y aura toujours des insatisfaits. Et les sites pornographiques resteront accessibles aux internautes qui les chercheront, avec ou sans .xxx !


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