Vente de SFR : Bouygues pose 15 milliards sur la table

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SFR SIM (crédit photo © Silicon.fr)

Bouygues vient de renchérir de 1,85 milliard sa précédente offre sur SFR. Soit un total de 15 milliards d’euros soutenu par une vague d’investisseurs internationaux. Exactement ce que demandait Vivendi pour la vente de son opérateur.

Bouygues n’aura pas attendu le début des “délibérations” de Vivendi pour améliorer, pour la 4ème fois depuis sa première proposition le 6 mars dernier, son offre sur SFR. Le groupe BTP vient de porter à 15 milliards d’euros en numéraire son offre sur l’opérateur à vendre. Une nouvelle preuve, au besoin, de l’intérêt que porte Bouygues au secteur stratégique des télécoms en France.

La nouvelle offre augmente donc la composante numéraire de la précédente proposition de 1,85 milliard d’euro. Mais en diminue le capital. Vivendi conserverait 10% des parts du nouvel ensemble Bouygues Telecom-SFR (soit une part d’une valeur de 1 milliard avant synergie), contre 21,5% précédemment. « Cette offre valorise ainsi SFR pour Vivendi à 16 milliards d’euros avant synergies et 16,5 milliards d’euros en intégrant les 5 milliards d’euros de synergies sécurisées grâce aux économies résultant de la cession du réseau à Free », indique Bouygues dans son communiqué. Rappelons que, pour répondre aux exigences d’équilibre concurrentiel, Bouygues Telecom revendrait son réseau et une partie de ses fréquences à Iliad pour 1,8 milliard. De même, est maintenu le breakup fee de 500 millions d’euros en dédommagement à Vivendi en cas d’échec de l’opération face aux autorités de la concurrence. Comme précédemment, l’offre reste valable jusqu’au 25 avril.

Des investisseurs internationaux

Pour monter son projet, Bouygues s’est attaché le soutien d’un grand nombre d’investisseurs. A la Caisse des Dépôts et Consignations, et JC Decaux Holding déjà présents dans l’opération viennent s’ajouter Axa, GIMD (famille Dassault), la famille Pinault et les acteurs internationaux GIC (Fonds souverain de Singapour), Ontario Teachers’ Pension Plan Board et Reuben Brothers.

Investisseur à hauteur de 850 millions d’euros (en plus de sa participation dans Bouygues Telecom), Bouygues serait l’actionnaire de contrôle avec 51% du capital de la nouvelle entité aux côté des autres partenaires (39%) et de Vivendi (10%). « L’introduction en Bourse du nouvel ensemble est prévue dès réalisation de la fusion, précise le groupe de BTP. La création de valeur pour les actionnaires de Bouygues resterait forte. » Malgré le renouvellement de son engagement à conserver l’ensemble des emplois des deux entreprises pendant 36 mois.

Ebranler Vivendi

De quoi ébranler l’intention du Conseil de surveillance de Vivendi, qui doit se réunir aujourd’hui à l’issue des trois semaines de négociations exclusives ? Les 15 milliards de Bouygues correspondent à la valeur initialement exigée pour SFR par Jean-René Fourtou, président du conseil. De plus, Arnaud Montebourg, désormais aux commandes de Bercy et du Numérique, a toujours soutenu le projet de Bouygues. Lequel vient d’ailleurs de recevoir le soutien de Jean-Claude Mailly, numéro 1 de Force Ouvrière. Vivendi cèdera-t-il sous la pression alors que Numericable restait favori encore ce matin ?


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