Virtualisation : les alternatives à VMware se précisent

Logiciels

VMware contrôle 95 % du marché de la virtualisation de serveurs. Mais des alternatives se précisent. Notamment celle de Novell, conçue autour de Xen, déjà opérationnelle et celle annoncée de Microsoft. Face à l’hégémonie de VMware, ces deux acteurs prévoient de s’intéropérer pour mieux faire contrepoids

VMware, champion des ‘operating systems‘ de virtualisation affiche un grand nombre de qualités. Mais aussi quelques petits défauts – affirment certains responsables de production. C’est une technologie de virtualisation propriétaire et donc assez onéreuse. Elle laisse peu de latitude à l’administrateur et exige de prendre une licence par serveur. Cette licence interdit en outre de procéder à des mesures comparatives de performances. Or ces performances (l’overhead notamment) ne seraient particulièrement pas idéals dans l’environnement Microsoft Windows Server’?

VMware n’est donc quasiment pas utilisé dans l’hébergement Web mutualisé où les prix sont très tirés. Ce créneau repose sur la chaîne de logiciels libres dite ‘LAMP’ (Linux, Apache, MySQL et PHP). Pour comprimer ses coûts, les hébergeurs préfèren utiliser des outils de virtualisation développés par les communautés du Libre, donc gratuits.

Parmi eux, figure le ‘moteur’ de virtualisation Xen, dont Microsoft est d’ailleurs, lui-même, à l’origine.

Au fil du temps, ce moteur a si bien mûri, qu’il peut désormais rivaliser avec VMware lui-même.

« Sur une base Xen, avance Marc Triboulet, directeur de Non Stop Systems, société de services spécialisée dans la haute disponibilité, nous pouvons fournir 95 % des fonctionnalités de VMware, à un coût cinq fois moindre.»

On retrouve ce moteur Xen également dans la solution de virtualisation de Virtual Iron Software. Ainsi, Novell l’a également intégré en standard à son Suse Linux Enterprise Server pour en faire une plate-forme capable d’accueillir directement plusieurs machines virtuelles sous Linux, Unix et/ou Microsoft.

RedHat a fait de même pour son serveur Enterprise Linux 5 et sa Enterprise Linux Advanced Platform, en y intégrant, en outre, la virtualisation de l’accès au stockage.

La valorisation de Xen a atteint des sommets l’été 2007, lorsque Citrix a racheté pour 500 millions de dollars XenSource, société spécialisée dans les services d’intégration autour du noyau Xen.

Mais ce noyau Xen, pas plus que VMware, n’est la solution idéale pour les environnements Microsoft Windows Server.

La firme de Bill Gates peaufine donc sa propre technologie de virtualisation de serveurs, Viridian, basée sur un moteur ‘hyperviseur’, HyperV, qui lui est propre – et sera en standard dans Windows Server 2008.

« Ce moteur, explique Bernard Ourghanlian, directeur technique de Microsoft France, sera le seul du marché à donner accès à la totalité des périphériques supportés par notre environnement. Son noyau de moins d’un méga-octers sera également plus fin que celui de Xen, afin d’apporter la garantie d’être toujours disponible. »

Ces alternatives pourront-elles prendre la place de VMware dans les centres de données opérant les applications critiques des entreprises ? Novell y travaille. Déjà, Oracle a préféré ses Suse Linux Enterprise Servers et leur technologie de virtualisation pour fournir ses services de capacités 64 bits à la demande.

Le géant de l’automobile BMW a fait le même choix pour disposer de grappes de serveurs virtuels. Novell a également introduit l’an dernier Zenworks Orchestrator, outil de gestion dynamique des ressources virtualisées avec Suse et VMware.

Cet outil permet de contourner les barrières de VMware et de gérer ainsi la virtualisation de façon autonome, indépendante, en installant un agent sur les machines virtuelles elles-mêmes, renseignant l’administrateur sur leur niveau d’activité.

Celui-ci peut alors écrire des ‘joblets’, des scripts d’équilibrage de charge automatique, déplacer sans risque les machines virtuelles d’un serveur virtualisé à l’autre, éteindre et rallumer les machines physiques selon les besoins du moment.

« Nous dépassons ainsi VMware en souplesse fonctionnelle, pour un coût trois fois moindre », argumente Philippe Desmaison, ingénieur avant-vente de Novell. Le premier à avoir implémenté Zenworks Orchestrator en France est Nexto, pour sa propre infrastructure d’hébergement.

Viridian, l’alternative attendue de Microsoft

Par ailleurs, l’alternative Microsoft (Viridian) attendue avec Windows Server 20008 aura du mal, seule, à détrôner VMware.

Linux et Windows étant appelés à régner dans les datacenters de demain, Microsoft ne part pas seul: il promet d’offrir l’interopérabilité avec la virtualisation de Novell, au niveau administration/supervision (format XML).

D’où leur accord croisé de fin 2006, entre Microsoft et Novell, qui permet déjà à des serveurs Windows d’entrer dans une virtualisation Suse Linux (Novell).

Il reste à développer, en sus, de vrais outils d’administration, eux-mêmes interopérables. Les deux partenaires les promettent, d’autant qu’on ne voit pas les responsables SI accepter de faire cohabiter, dans leur datacenter, deux systèmes de virtualisation étanches…

Découvrez le livre blanc« Administration d’un data center virtualisé » de Avocent


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur