Visa Europe : priorité sur les paiements mobiles et la sécurité

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fraude bancaire en ligne

Communiquant ses résultats 2012, Visa Europe rétorque sur la fraude via Internet en France et confirme ses ambitions dans le paiement sans contact et via les mobiles

Le paiement par carte bancaire et celui via Internet se portent bien. La croissance de l’e-commerce en Europe aura été de 16% en 2012, estime Visa Europe (*), dont le montant des dépenses de ses clients en ligne aura dépassé les 200 milliards d’euros. Ce chiffre est à rapprocher du total des dépenses au point de vente par cartes Visa qui passent le seuil des 1300 milliards d’euros.

« C’est le secteur [l’e-commerce] où nous enregistrons la plus forte croissance. C’est deux fois plus que PayPal au niveau mondial », observe Philippe Menier, directeur général adjoint de Visa Europe.

En France, le paiement en ligne transitant par Visa représente déjà 11% de 234,1 milliards d’euros (soit 26 milliards d’euros, à rapprocher des 40 milliards constatés par la Fevad, la fédération française de l’e-commerce et de la vente à distance – et ce qui fait deux fois plus que Visa au Royaume-Uni). Mais il faut noter qu’en France, crise oblige sans doute, le panier moyen des achats en ligne par acheteur a baissé, de 87 à 83 euros entre 2010 et 2012, pour un nombre total de 309 millions d’e-transactions par carte Visa (en hausse de +21,9% par rapport à 2011).

Investissements 2013 : priorité au paiement mobile

Pour un chiffre d’affaires total de 1 110 millions, en Europe, Visa Europe a investi 200 millions en 2012 (soit 18% du CA) en ciblant les nouvelles technologies, l’extension de ses plateformes informatiques, etc. Pour 2013, les investissements s’élèveront à 300 millions d’euros. Outre les « nombreux pilotes en cours » (dont certains, visant la mobilité, en partenariat avec Vodafone, Telefonica et Samsung), Visa Europe investit dans deux sociétés : Monetize et Beyond Analysis.

Les investissements de Visa Europe dans les technologies_en 2012
Les investissements de Visa Europe dans les technologies_en 2012

« Le paiement via les mobiles participe de la révolution mobile, c’est notre priorité immédiate: donner aux consommateurs des moyens de paiement mobiles plus rapides et plus sécurisés », affirme Philippe Menier.

« En 2020, 50% des transactions Visa se feront sur un support mobile », affirme-t-il.   Visa observe que pour atteindre 50 millions d’utilisateurs, il a fallu 38 ans pour le téléphone, 4 ans pour Internet, 3 ans pour l’iPod, deux ans pour l’iPhone et un an pour Android… L’un des objectifs de 2013 vise à « mettre le paiement par mobile à portée de tous ». Autre affirmation : en 2013,les transactions sans contact vont encore quadrupler. 70 millions de cartes sans contact et 650 000 terminaux seront mis en service pour le paiement mobile auprès de 40 banques partenaires, puis 20 autres ensuite.

Autre priorité : le portefeuille V.me

Toujours sur 2013, Visa met l’emphase sur son offre V.me by Visa, « un meilleur moyen de payer en ligne. C’est un portefeuille numérique totalement intégré, qui permet d’effectuer tous les paiements en ligne à partir d’un seul portefeuille. C’est une réelle flexibilité pour ajouter de nouveaux services », expliquent les dirigeants.

Quels sont les avantages pour le consommateur ? La protection des données, l’ouverture à toutes les cartes de paiement, le tout étant accessible via sa banque, avec protection du porteur et garantie de paiement.  Pour le commerçant, c’est « l’assurance d’une réduction des abandons de panier lors des transactions sur Internet. C’est, avec l’Internet mobile, l’accès à une base de clients étendue, pour un faible coût avec une sécurité et une garantie de paiement ».

Les premiers pays concernés par V.me by Visa sont le Royaume-Uni, l’Espagne et la France avec l’engagement de 11 banques. Bientôt s’ajouteront l’Irlande et la Pologne, puis d’autres marchés, dont l’Allemagne. « En 2020, un tiers des consommateurs européens utiliseront un portefeuille V.me », affirme l’opérateur.

Poussée de la fraude en France ?

En matière de fraude, Visa Europe reconnaît que la France enregistre un « taux de fraude légèrement supérieur à la moyenne européenne », explique Gérard Nébouy, directeur général de Visa Europe France. En fait,la différence n’est pas minime: 0,06% contre 0,04 soit… 50% supérieure.  La légère croissance de la fraude domestique est concentrée sur les paiements en ligne.
Alors que faire ?

Evolution de la fraude selon Visa Europe
Evolution de la fraude selon Visa Europe

« Nous sommes en train de bâtir une solution », explique la direction.
Visa Europe contribue aux mesures engagées par la Banque de France en faveur de l’adoption par les e-commerçants du procédé 3D Secure avec envoi de code par email ou SMS (rebaptisé Verified by Visa). Outre l’extension du portefeuille V.me, l’opérateur étudie l’opportunité d’étendre aux transactions domestiques VAD (ventes à distance) l’utilisation d’outils de scoring de fraude Visa (« qui ont prouvé leur efficacité sur les transactions transfrontalières »).

Par ailleurs, rappelons que Visa comme MasterCard a mis un ultimatum pour l’intégration des 12 exigences du standard PCI DSS (Cf. la Webconférence tenue avec IBM France et Visa Europe, le 13 décembre dernier:  « Paiement par cartes bancaires, la conformité PCI DSS au 1er janvier 2013 »).

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(*) Visa Europe est indépendant de Visa Inc, Etats-Unis, depuis 2004. C’est une «association de paiements, détenue et contrôlée exclusivement par plus de 4 000 banques européennes membres, présentes dans 36 pays à travers l’Europe». Son siège est à Londres. Elle détient une licence de la marque Visa. Elle ne se confond pas avec une entreprise de cartes de crédit: car 80% de son activité est réalisée avec des cartes de débit. Ce sont ses membres qui sont chargés de produire les cartes et de passer des accords avec des distributeurs ou commerçants et de fixer les contributions demandées aux porteurs de cartes et aux distributeurs. Ses bénéfices sont réinvestis dans l’entreprise. En France, Visa Europe a repris Carte Bleue. Visa Europe se dit conforme aux objectifs de la Commission Européenne qui veut mettre en place un marché unifié des paiements.


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