Vivendi fait main basse sur GVT, le «Free» brésilien

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En prenant le contrôle de GVT au Brésil, Vivendi entend renforcer sa présence sur les marchés des pays émergeants.

Vivendi a annoncé, vendredi 13 novembre en fin d’après-midi, avoir pris le contrôle de fait de l’opérateur brésilien GVT. Le groupe de communication français détient 57,5 % du capital et des droits de vote (dont 37,9 % des actions et 19,6 % sous forme d’options d’achat irrévocables supplémentaires). Vivendi doit maintenant lancer une offre publique obligatoire à un prix de 56 reals (21,73 euros) sur 100 % du capital de GVT, conformément à la réglementation brésilienne. Considéré comme le Free brésilien, GVT est valorisé 2,8 milliards d’euros (7,2 milliards de reals) et devrait rapporter 600 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel à son nouveau propriétaire.

La prise de contrôle de Vivendi, qui détenait 5 % de GVT, a visiblement pris de court son monde. A commencer par Telefonica, l’opérateur espagnol largement implanté sur la zone Amérique latine. Début septembre, lorsque Vivendi annonce le lancement de son offre amicale de rachat, le groupe espagnol réplique et surenchérit l’offre de 200 millions d’euros. La valorisation de GVT passe alors de 2 à 2,5 milliards d’euros.

Mais Vivendi a profité de la sympathie des dirigeants de GVT venus frapper à la porte du groupe de Jean-Bernard Levy après l’échec du rachat de l’opérateur koweïtien Zain. Un échec qui retardait Vivendi dans sa conquête du marché des pays émergeants qui pèse 24 % du PIB mondial. Une zone de croissance de laquelle Vivendi ne génère «que» 15 % de son chiffre d’affaires.

La prise de participation majoritaire de GVT constitue donc un relais de croissance important pour Vivendi. Le Brésil compte 190 millions d’habitants et GVT est considéré par le groupe français comme « l’opérateur haut débit brésilien le plus performant et surtout le plus proche des attentes des consommateurs en termes de qualité et d’offre de service ».

L’économie des pays en développement devrait connaître une croissance de 1,7 % en 2009 et 5,9 % en 2010 contre respectivement -2,3 % et +2,8 % à l’échelle mondiale. Croissance qui passera, du côté de GVT, par la conquête de nouvelles régions désormais facilité par la récente libéralisation des télécommunications.

Stratégie de conquêtes que l’arrivée d’un acteur de poids comme Vivendi permettra de soutenir. Le chiffre d’affaires de GVT devrait progresser de 30 % l’année prochaine. « Le projet d’acquisition de GVT correspond parfaitement à notre stratégie de développement dans les pays à forte croissance. Comme il l’a fait il y a quelques années au Maroc, Vivendi s’engage dans un investissement important et durable au Brésil, qui permettra à court et à long terme de créer de la valeur pour les actionnaires. », commente Jean-Bernard Levy.


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