Vivendi est-il en mesure de regarder l’offre de Bouygues sur SFR ?

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Pour s’offrir SFR, Bouygues n’a pas hésité à surenchérir sur l’offre, acceptée, de Numericable. Mais de quelle marge de manœuvre dispose réellement Vivendi pour étudier cette nouvelle proposition ?

Le fonds Altice (propriétaire de Numericable) surenchérira-t-il à la nouvelle offre de Bouygues proposée à Vivendi pour le rachat de SFR ? Non, croit savoir le Wall Street Journal qui s’appuie sur une source anonyme proche du dossier. Patrick Drahi (le dirigeant d’Altice) n’aurait donc pas l’intention de se battre jusqu’au bout pour conserver SFR.

Rappelons que, à l’issue d’une semaine de suspens, Vivendi validait l’offre de Numericable qui propose 11,75 milliards d’euros, 32 % du capital de la nouvelle entité cotée et la sortie de son actuel propriétaire selon des modalités programmées. Une déception pour Bouygues qui, malgré les trois semaines de négociations exclusives engagées entre le détenteur de Canal+ et Altice/Numericable, a poussé jeudi dernier son offre à 13,15 milliards et 21,5% du capital. Une offre supérieure de 1,4 milliard d’euros, susceptible de répondre à la volonté de Vivendi de sortir le plus rapidement possible du marché des télécoms par le haut et qui jette le trouble sur cette opération. D’autant que l’offre serait assortie d’une indemnité de plusieurs centaines de millions d’euros si l’opération était retoquée par les autorités de régulation, selon La Tribune.

Mais Vivendi est-il en mesure d’étudier cette nouvelle offre (qui court jusqu’au 8 avril) ? L’entrée en négociations exclusives sous-entend généralement un échange de données confidentielles de part et d’autre et des mécanismes pour les encadrer. Si ces règles sont violées, l’acquéreur Numericable Group pourrait être en droit de réclamer des dommages et intérêts à la hauteur de l’enjeu, notamment en regard du préjudice subi, tant en terme d’image que de frais engagés dans la procédure.

Des négociations pour de faux ?

Le Conseil de surveillance de Vivendi soulignait néanmoins qu’à l’issue des négociations avec Altice, il se réunirait « à nouveau pour examiner les suites à donner et s’il doit en conséquence mettre un terme aux autres options envisagées ». Une formule sibylline qui laisserait l’opportunité de changer d’avis le 4 avril prochain après avoir « fait semblant » de négocier avec Altice. Mais au risque d’être attaqué également pour mauvaise foi dans les négociations.

Si Vivendi dispose d’une marge de manœuvre, elle reste mince. De plus, en acceptant d’étudier l’offre de Bouygues, le groupe repartirait dans une nouvelle période de négociations exclusives… Numericable sera-t-il alors tenté d’y jouer les troubles fêtes ? « L’offre d’Altice a été choisie en tenant compte de tous les critères du conseil d’administration de Vivendi, ces critères n’ont pas changé », a précisé la source au WSJ. Néanmoins, Patrick Drahi a montré sa capacité à surprendre le marché. Il avait dans un premier temps proposé 10,9 milliards pour acquérir SFR. Une offre ferme et définitive déclarait l’investisseur… avant de surenchérir trois jours plus tard de 850 millions contre toute attente (lire Pourquoi Vivendi a choisi Numericable).


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