Vivendi Universal a du mal à jouer la musique !

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Elle est passée l’époque où la musique occupait le c?ur de la stratégie de J2M pour son groupe devenu un conglomérat de médias. Aujourd’hui, Universal Music encombre et inquiète

Universal Music Group était la perle du rachat de Seagram, en 2000, que Jean-Marie Messier, alors p-dg d’une ‘fontaine à eau’, avait racheté à la famille Bronfman contre la ‘modique’ somme de 34 milliards de dollars.

Il est vrai qu’à l’époque flottait un air d’Internet conquérant et d’argent facile, et qu’un disque vendu sur quatre dans le monde provenait d’Universal Music, faisant du groupe le premier acteur mondial de la musique. Et Jean-Marie Messier de côtoyer les Rolling Stones et toutes les stars de la Croisette! Qu’en est-il aujourd’hui ? La musique a généré 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires au profit de Vivendi Universal, soit environ 20% des recettes du groupe. Mais dans le même temps, cette activité n’a contribué qu’à hauteur de 2% des profits opérationnels. Jean-René Fourtou ? le p-dg de VU qui ne se laisse plus photographier aux côtés d’artistes – affirme que la musique reste au c?ur des métiers de Vivendi Universal. Mais qu’en est-il dans les faits ? Le discours du président se focalise sur les télécoms et donc sur SFR. Et sur le terrain, les synergies tardent à se mettre en place? Certes, Universal Music n’a pas été intégré dans les cessions des activités américaines du groupe, en cours de finalisation. Mais cela ne signifie pas non plus que VU ait de grandes ambitions pour sa filiale musique. Alors que peut-elle devenir ? Que le marché subisse un malaise profond, c’est une évidence, mais il ne faut pas non plus que l’arbre cache la forêt. Car quand le marché chute de 7,6% en 2003, Universal Music plonge de 21% ! Et lorsque certains concurrents affirment se redresser au premier trimestre, la division musique continue de plonger de 11%. Les plans d’économie imposés par VU à tous les étages du conglomérat ne suffiront pas à redresser sa division. Aux 250 millions d’euros de dépenses économisés depuis 2002 devraient suivre 260 autres millions jusqu’à fin 2005. Mais c’est largement insuffisant pour compenser la chute d’Universal Music, qui souffre d’un mal plus profond encore. Et la stratégie de Jean-René Fourtou pour sa filiale reste obscure? De quoi s’interroger : quel avenir pour Universal Music ?


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