VMware View 3 : le client universel face à Microsoft et l’'Open source'

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Suite au lancement de VMware View 3, Carole Manuali, responsable marketing produit chez VMware France, revient sur les enjeux

Quelle stratégie sous-tend le lancement de VMware View 3 ?

VMware View 3 fait partie de l’initiative vClient annoncée lors de VMWorld à Las Vegas en septembre dernier, aux côtés de vDatacenter et de vCloud [lire notre article VMware fait rêver avec le client universel ]

Notre stratégie consiste à fournir aux administrateurs informatiques des solutions pour ‘provisionner’ des postes clients en diminuant les coûts d’administration, tout en bénéficiant d’une sécurité du datacenter.

L’utilisateur doit pouvoir profiter d’un maximum de souplesse en accédant à son environnement de travail (applications et données) de n’importe où, à tout moment, et sur tout poste terminal ou périphérique.

La différence avec un PC monolithique tient aussi dans l’indépendance entre les couches. Ainsi, dans un environnement classique de PC, les applications sont étroitement liées au système d’exploitation, lui-même très lié à la couche matérielle. Et l’utilisateur est étroitement lié à sa machine. Dans notre modèle, les applications et les données sont uniquement liées à leur utilisateur, et non plus à l’ordinateur. C’est ce concept que nous avons baptisé myView.

Quelle nouveauté majeure par rapport à VDI (Virtual desktop infrastructure) ?

Notre plate-forme VDI allait effectivement déjà dans ce sens. Avec View 3, nous passons à une étape supérieure en supprimant tout lien de dépendance entre plate-forme matérielle, système d’exploitation et applications, avec View Manager qui facilite la gestion centralisée des images de postes de travail et qui supporte plusieurs types de sessions. De plus, View Composer utilise une technologie de “clones liés” dans laquelle une image ‘master’ qui peut produire plusieurs images pour autant de postes de travail.

Alors, toute modification ou mise à jour est répercutée de façon différentielle et à chaud sur les images filles. Avec View Composer, l’entreprise peut économiser jusqu’à 70 % d’espace disque pour les images de postes clients puisque seules les différences sont stockées pour chacun. Enfin, les images des postes clients peuvent être stockées sur des serveurs différents, voire distants.

Sur la virtualisation d’application, comment vous positionnez-vous face à Softgrid de Microsoft (qui a racheté Softricity en mai 2006) ?

Dans VDI, nous proposons ThinApp pour virtualiser les applications indépendamment du système d’exploitation [NDLR : mais Windows seulement] et du matériel.

Thinapp isole l’application dans une VM qui prend la forme d’un programme exécutable. Notre positionnement est donc proche de celui de Softgrid, mais sans nécessiter l’installation d’aucun agent, ni de réserver d’espace dans le datacenter.On peut même installer l’application sur une clé USB.

Cet effort visible sur le desktop illustre-t-il une stratégie pour compenser le fait que l’hyperviseur sera bientôt intégré aux OS serveur ?

Je ne sais pas ce qui arrivera dans trois ou quatre ans, mais cette solution répond à une problématique des entreprises déjà très matures sur la virtualisation des serveurs. Elles confirment leur volonté d’étendre la technologie de virtualisation au-delà des serveurs. En France, nous travaillons sur de nombreux pilotes et proofs-of-concept, et constatons déjà quelques déploiements où il est question de milliers de postes de travail.

En 2009, nous annoncerons d’autres périphériques que les PC, comme les smartphones’ [NDLR : VMware vient d’acquérir la société grenobloise Trango Virtual Processors produisant un hyperviseur pour mobiles] ou l’accès via internet à son environnement de travail.

Et comment vivez-vous la concurrence de l’open source, y compris sur la virtualisation des postes de travail ?

Les entreprises recherchent des solutions pérennes et éprouvées. Généralement, elles étendent aux postes de travail leur expérience de la virtualisation s’appuyant sur une solution qu’elles connaissent déjà et à laquelle elles font confiance. Et surtout, ils choisissent un éditeur qui leur fournit des outils d’administration et une souplesse éprouvés. Par ailleurs, certains de nos clients commencent par la virtualisation de postes de travail, comme des hôpitaux qui recherchent une solution sécurisée et assurant la confidentialité, pour fournir un accès à plusieurs endroits dans divers établissements de santé.


Auteur : José Diz
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