Vonage : le CEO fait les frais du contentieux avec Verizon

Régulations

Michael Snyder, CEO du champion new-yorkais de la VoIP, paie de sa place ses
déboires avec Verizon, qui a eu gain de cause en matière de brevets

Des résultats trimestriels qui s’annoncent décevants, un plan de restructuration qui risque d’être ‘sanglant’ du côté des effectifs, et surtout un procès technologique perdu contre Verizon sur la VoIP, Michael Snyder aura tout cumulé, et tout perdu…

Arrivé en avance de phase d’entrée en Bourse à la tête du groupe Vonage au poste de CEO (président directeur général), le bilan de ses mois de règne est désastreux, car en plus de rater la marche et de commettre des erreurs, Vonage a perdu dans la débâcle la confiance de ses investisseurs.

Il faut dire que même si l’opérateur a fait appel de la décision du juge au profit de Verizon, celui-ci lui a interdit durant le reste de la procédure d’accueillir de nouveaux clients s’il continue d’utiliser la technologie de Verizon.

De plus, Vonage Holdings Corp. va devoir supporter l’impact financier de la décision du juge, qui devrait aller bien au-delà des 58 millions de dollars qu’elle devra verser à Verizon pour compensation de l’utilisation de ses brevets.

Un impact qui semble difficile à mesurer, le groupe a reporté la présentation de ses résultats, et s’il continue d’utiliser la technologie de Verizon, il va devoir verser des royalties qui grèveront d’autant ses résultats.

Pour autant, l’avenir de Vonage ne semble pas remis en cause. Au premier trimestre, le groupe devrait réaliser un chiffre d’affaires de 195 millions de dollars avec ses 2,4 millions d’abonnés. De plus, avec un départ pour deux entrants (332.000 nouveaux clients contre 166.000 abandons au cours du trimestre), il craint peu le risque de turn-over induit par l’affaire.

Parmi les mesures prises pour redresser la barre, on notera le retour temporaire à la tête du groupe de Jeffrey A. Citron, fondateur et président du conseil d’administration. Et la réduction drastique des frais de marketing, qui passeront de 310 à 110 millions de dollars en 2007.

Reste à savoir quelle sera la réaction de Wall Street ? Depuis l’IPO en mai 2006, le titre a perdu environ 20 % de sa valeur, soit 2 milliards de dollars de capitalisation.


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