Walter Falk : “IBM veut devenir l’acteur dominant du Cloud”

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Big Blue aimerait renouveler avec le Cloud les succès obtenus sur l’e-business et le On-demand. Rencontré à l’occasion des conférences Impact 2009, Walter Falk, ‘Global Test Cloud Executive’ et spécialiste SOA chez IBM, nous explique comment. Interwiew.

Quelle est la stratégie d’IBM concernant les clouds dits publics ou privés ?

Walter Falk : Nous déployons notre stratégie sur trois axes : le cloud public, le cloud privé, et l’appliance Cloudburst. Et bien entendu, sur les solutions hybrides combinant celles-ci. Pour IBM, le cloud privé est destiné à une utilisation pour le SI de l’entreprise, qu’il s’agisse d’un cloud interne (logiciels ou appliance) ou d’une solution hébergée dans les datacenters IBM. Le cloud résulte d’une association d’un modèle technologique, et d’une solution permettant de fournir des services.

Mais alors, quelle différence avec un client qui utiliserait vos solutions WebSphere et Tivoli ?

WF : Il est vrai qu’implémenter un cloud privé dans une entreprise pour IBM revient à bâtir une solution ayant Tivoli Service Automation Manager (TSAM) comme fondation, sur laquelle viennent se greffer un catalogue de services, un portail d’expression des demandes, un moteur d’ordonnancement (scheduling), du monitoring, etc. Tous ces logiciels déjà intégrés et déployés sont testés et opérationnels, ce qui élimine les nombreuses déconvenues d’installation et d’ajustement souvent dues à des erreurs. Une meilleure intégration qui recourt aussi à la virtualisation et favorise la consolidation : autant de sources de gains et de réductions de coûts. Rapidement disponibles et performantes, les solutions cloud accélèrent aussi l’innovation en libérant du temps jusque-là occupé pour de la maintenance ou de résolution de problèmes.

Croyez-vous vraiment au “Cloud public multitenant ” de type salesforce ? Et comment déplacez-vous les nuages ? WF : En fait, nous pensons que peu d’entreprises investiront sur des clouds publics réellement multitenant. Mais, nous investissons tout de même ce créneau, car certains de nos clients y vont et quelques autres suivront. Cependant, IBM s’efforce en priorité à favoriser la mise en production plus rapide des clouds privés qui représentent une évolution de l’infrastructure informatique aussi importante que l’arrivée des technologies Internet.

Dans un premier temps, la stratégie Cloud d’IBM adresse essentiellement des problématiques d’infrastructure pour faciliter les déploiements et simplifier l’intégration et la maintenance. En parallèle, nous étudions des déploiements orientés solutions. Cependant, aujourd’hui et à court terme nous nous concentrons sur chaque couche technologique pour devenir l’acteur dominant du Cloud, afin d’en faire bénéficier nos clients et nos partenaires.

Vous annoncez BPM Blueworks. Pourquoi avec des exports et pas intégralement en ligne ? Et pour le second trimestre ? WF : BPM Blueworks permet à des informaticiens et non-informaticiens de modéliser ensemble règles et processus, avec des outils de collaboration. En effet, dans un premier temps, les utilisateurs pourront exporter le résultat obtenu sur le Cloud et l’importer dans leurs solutions logicielles Websphere. Le Cloud complet avec les solutions Websphere arrivera certainement plus tard. BPM Blueworks est effectivement annoncé au second trimestre qui ne finit que fin juin…

Pourquoi parle-t-on si peu de normalisation et de standards Cloud ?

WF : Pour accélérer le mouvement, IBM participe activement aux groupes de réflexion et de standardisation comme l’Open Cloud Manifesto auquel se sont déjà ralliés nombre d’acteurs majeurs, à l’exception notable de Microsoft et d’Oracle*. Mais nous continuons à discuter ensemble, car cela nécessite du temps. D’ailleurs, les échanges sont de plus en plus productifs, et les choses avancent positivement.

* NDLR : Amazon , Salesforce et Google ont également décliné l’invitation de l’Open Cloud Manifesto.


Auteur : José Diz
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