Le Wifi public de Gowex a surfé sur des comptes falsifiés

Régulations

Face au scandale de ses comptes falsifiés, Gowex va déposer le bilan et risque d’entraîner avec lui le Wifi public de dizaines de villes dans lequel il a été déployé ses équipements depuis 1999.

Cela partait d’une bonne idée : offrir du Wifi ouvert dans les lieux publics sur le modèle freemium (du gratuit financé par la publicité ou supporté par les collectivités/entreprises) ou premium. Une idée que l’espagnol Gowex a mis en œuvre à l’international, après avoir éprouvé le modèle chez lui, pour afficher un succès fulgurant. Fulgurant mais factice.

Des aveux même de son PDG et fondateur Jenaro Garcia Martin, les comptes présentés par sa société sont « falsifiés » depuis au moins quatre ans alors que Gowex fait l’objet d’une double cotation boursière depuis juin 2010, sur le marché alternatif de la bourse madrilène (Mercado Alternativo Bursátil) et sur Alternext de Nyse-Euronext. Le journal El Confidencial évoque même une période de présentation de résultats financiers douteux de huit ans, rapporte ITespresso.fr.

Vers le dépôt de bilan

Le scandale financier a éclaté après la publication, le 1er juillet, d’une note de Gotham City Research qui a torpillé l’action Gowex. La valeur de l’entreprise a aussitôt plongé provocant l’arrêt de sa cotation jeudi et l’ouverture d’un audit approfondi de PricewaterhouseCoopers. Au final, Gowex risque de déposer le bilan. La société va demander à être placée sous la protection de la loi sur les faillites.

« Garcia Martin a déclaré à plusieurs membres du conseil d’administration que les comptes de la société, au moins ceux des quatre dernières années, ne reflétaient pas la réalité et qu’il était responsable de cette écart. Le conseil d’administration a accepté sa démission », explique la direction de Gowex dans un communiqué. Sur Twitter, Jenaro Garcia Martin se contente de présenter ses excuses auprès de tous : « Je suis sincèrement navré. » Tout en poursuivant dans son dernier tweet en date du 6 juillet : « J’ai fait ma déposition et mes aveux. Je veux collaborer avec la justice. J’assumerai les conséquences. »

90 villes dans le monde

En fin de semaine dernière, une association d’investisseurs professionnels (Asinver) a porté plainte devant la justice espagnole pour « délits présumés de falsification d’informations économiques et financières, falsification de comptes annuels et utilisation d’informations privilégiées ».

Créée en 1999, Gowex a signé des contrats dans 90 villes dans le monde, dont New York, Madrid et Paris, notamment avec la RATP, mais aussi à la gare Saint Charles de Marseille ou encore à Bordeaux, Nice, Beauvais… Autant de réseaux qui pourraient disparaître alors que les 182,6 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel affichés s’avèrent probablement totalement bidons. Reste à savoir dans quelle proportion.


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