Le WiFO, du Wifi enrichi à la lumière

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Des universitaires américains ont mis au point une technologie à base de LED pour transporter les données en haut débit. Une technologie qui ressemble furieusement au LiFi de la société française Oledcomm.

Des chercheurs de l’université de l’Oregon aux Etats-Unis (OSU) ont mis au point une nouvelle technologie sans fil qui multiplierait par dix les capacités du Wifi. A la différence que le système mis au point par Thinh Nguyen et son équipe ne s’appuie pas sur les ondes radio mais sur le spectre optique.

Baptisé WiFO (pour Hybrid WiFi and Free-Space Optic Gigabit Wireless LAN), le prototype mis au point repose sur des LED dont la lumière se situe au-delà du spectre visuel humain. Le cône de lumière d’un mètre de diamètre environ que génère le système installé dans le plafond reste donc entièrement invisible aux yeux des utilisateurs. Les LED sont ensuite modulées (c’est-à-dire allumées et éteintes de manière codée afin de générer le langage binaire propre aux systèmes informatiques) à une fréquence extrêmement élevée qui permet d’atteindre une bande passante de 100 Mbit/s par émetteur. En théorie, une LED peut être allumée et éteinte 1 milliard de fois par seconde, générant un débit théorique d’1 Gbit/s. Les possibilités d’évolution sont donc larges.

Combiner WiFO au Wifi

Si les 100 Mbit/s de bande passante du WiFO n’ont rien d’extraordinaire par rapport aux capacités du Wifi actuel (avec des débits théoriques de 150 Mbit/s sur 40 MHz de largeur de bande en 802.11n), l’équipe de l’OSU souligne la dégradation de la bande passante lorsque le Wifi est partagé entre plusieurs appareils connectés. Cinq terminaux reliés à un même hotspot Wifi, au domicile familial par exemple, bénéficieront au mieux de 20 Mbit/s théoriques chacun (pour un Wifi à 100 Mbit/s). Un inconvénient absent du WiFO qui peut « fournir une bande passante de 50 Mbit/s à chaque appareil », déclare Thinh Nguyen dans cette vidéo. De plus, le WiFO peut être couplé au Wifi. Un terminal quittant le cône du canal lumineux de communication bascule alors automatiquement sur le Wifi environnant.

wifo

Enfin, le système est présenté comme facile à déployer et peu onéreux. Il s’appuie sur des des photodiodes qui coûtent moins de 1 dollar chacune et peuvent se relier à la tablette, au smartphone ou au PC par un adaptateur USB en attendant une éventuelle intégration par défaut dans les terminaux.

Le WiFO, un LiFi déguisé ?

Le WiFO rappelle donc furieusement le Li-Fi (Light Fidelity), une technologie qui s’appuie également sur la capacité de modulation des LED pour créer un canal de communication optique. Des solutions à base de Li-Fi sont notamment commercialisées par la société française Oledcomm depuis plus d’un an. Airbus, Aéroport de Paris, EDF ou le Musée du Grand Curtius à Liège s’inscrivent parmi les premiers intéressés par les solutions de la société française qui développe sa technologie depuis 10 ans.

Ce qui n’a pas empêché l’équipe d’universitaires américains de déposer un brevet provisoire et de publier un article détaillé dans le cadre de la 17e Conférence internationale ACM International Conference sur la modélisation, l’analyse et la simulation des systèmes sans fil et mobile (ACM International Conference on Modeling, Analysis and Simulation of Wireless and Mobile Systems) qui s’est déroulée du 21 au 26 septembre 2014 à Montréal. Les travaux de l’équipe de Thinh Nguyen sont par ailleurs soutenus par la National Science Foundation. S’il est encore difficile de voir ce qui distingue le WiFO du LiFi, ces nouvelles approches montrent le potentiel que l’ont peut tirer des LED dans les réseaux de communication.


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