Windows Phone 7, la dernière chance pour Microsoft de s’imposer sur le marché mobile?

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Pour lutter contre Apple et Google, Microsoft joue la carte du renouveau et de l’unité avec ses partenaires constructeurs. Et de la convergence des contenus.

Dans quelques heures, Steve Ballmer lancera officiellement, depuis New York (une conférence retransmise en direct dans différents pays dont la France au siège de Microsoft à Issy-les-Moulineaux), le nouvel OS mobile de la firme: Windows Phone 7. Seront dévoilés les premiers terminaux qui seront équipé du nouveau système d’exploitation. En France, les premiers modèles devraient être proposés par HTC (Mozart et Groove), Samsung (Omnia 7) et LG (Optimus). Ils sont annoncés chez Orange et Bouygues Telecom pour le 21 octobre prochain.

Si financièrement, l’activité OS mobile est loin d’être la plus fructueuse au sein du groupe (quelques centaines de millions de dollars sur 60 milliards de chiffre d’affaires), elle n’en n’est pas moins stratégique pour Redmond. Comme le déclarait Marc Jalabert, responsable marketing Microsoft France, à l’occasion du Tech Day parisien au détour d’une démonstration, « le téléphone simplifie l’intégration du cloud ». L’OS mobile est donc indispensable à Microsoft pour mettre en place une véritable politique de convergence.

Microsoft a du retard à rattraper. Sa part de marché mondiale est tombée à 5  % au deuxième trimestre 2010 selon Gartner, en queue de peloton juste devant Linux (hors Android), contre plus de 9  % en 2009. Dans le même temps, l’iOS (iPhone) d’Apple s’est hissé à plus de 14  % tandis qu’avec 17  % Android (moins de 2  % en 2009!!!) est en passe de détrôner le numéro 2 RIM (BlackBerry, 18  %) derrière Symbian (41  %). Pire, le Gartner prévoit que la part de Windows mobile tombe sous les 4  % en 2014.

Bref, Microsoft n’a pas d’autre choix que de réussir le lancement de Phone 7 et convaincre le marché. C’est notamment pourquoi l’éditeur est reparti de zéro offrant un système plus personnalisable et intuitif, tout en visant à la fois le grand public et les entreprises. La nouvelle mouture vise l’interaction automatique entre les applications, comme la prise en compte de l’emploi du temps de l’utilisateur et les rendez-vous fixés via Outlook ou encore la synchronisation des images avec les différents comptes (mobile, PC, Facebook…).

Microsoft a cependant pris le pari d’imposer ses vues aux constructeurs. Une seule interface est disponible et les terminaux doivent répondre à un cahier des charges matériel assez restrictif. La licence payante est maintenue (8 ou 9 euros par unité) mais Microsoft devrait partagera avec les constructeurs les gains obtenus sur les ventes d’applications. S’il s’en vend. Car les développeurs doivent entièrement réécrire leurs applications. La stratégie vise essentiellement à lutter contre l’iPhone d’Apple entièrement propriétaire. Mais le nouveau concurrent à abattre se nome Google Android. Un système ouvert et gratuit qui, néanmoins, impose aux constructeurs de mettre à jour leurs développements à chaque nouvelle version d’Android. Ce que Microsoft entend assurer lui-même pour ses partenaires.


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