Z 990 ou T-Rex: IBM relance sa croisade des ‘mainframes’

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L’arrivée de la huitième génération de la série Z900 d’IBM, répondant au doux surnom de T-Rex, prend des allures de bataille stratégique autour du pré carré des mainframes

Le nouveau ordinateur central Z990, le plus puissant jamais commercialisé, prend une tournure stratégique. Tout d’abord parce, que dans la gamme des produits et services de la firme d’Armonk, les mainframes représentent encore 40% des profits d’IBM. Or, cette manne a commencé à se tarir l’an dernier avec une chute de 16% du chiffre d’affaires à 5,8 milliards de dollars.

Mais aussi parce que le profil des utilisateurs s’est modifié – moins fidèles, plus sensibles aux approches partagées et réseaux de serveurs Unix et Linux. Et, en corollaire, la concurrence n’est plus à rechercher chez Amdalh ou HDS (Hitachi Data Systems), mais chez Sun Microsystems ou Hewlett-Packard. Ce qui signifie qu’un client acquis par ces derniers fabricants est perdu pour la philosophie des mainframes. 2000/2001, les dernières belles années des mainframes ? Stratégique aussi car l’étoile IBM risque de ne plus briller du même éclat. En ne suivant plus IBM sur son approche 64 bits, la concurrence a en effet choisi une approche qualifiée de ‘mainframe like’, avec des serveurs de moyenne gamme capables de reproduire la plupart des fonctionnalités des mainframes pour une fraction de leur coût. Ces serveurs, fonctionnant sous Unix, et aujourd’hui Linux, constituent une alternative économique aux mainframes, et sont capables de fonctionner en plates-formes dont la puissance n’aura bientôt plus rien à envier aux ‘dinosaures’. Or, le parc des Z800 et Z900 se résume à 3.000 clients, une cible de choix clairement identifiée pour les HP et autres Sun. D’autant qu’avec l’émergence des plates-formes natives avec processeurs 64 bits d’Intel et d’AMD, ajoutée à l’enthousiasme pour Linux et à la vague Windows Server 2003, la concurrence va être rude. La série Z800 avait déjà été qualifiée en son temps de ‘dinosaure’, mais le qualificatif pourrait être encore plus approprié pour ce nouveau modèle Z990. Est-ce à dire que nous vivons les dernières années des mainframes? Esquisse de portrait du dernier né, Z990 Les différences notables qu’IBM a apporté à l’architecture T-Rex vont-elles justifier de nouveaux investissements ? Phénomène significatif, aux Etats-Unis, le marketing d’IBM pour faire basculer les Z800 et Z900 vers le Z990, s’est, dit-on, ré-orienté vers le top-management plutôt que vers les informaticiens. Concrètement, la limitation des 16 processeurs de la série Z900, apparue en 2000, est dépassée. Le Z990 sera lancé en configuration 32 processeurs, puis 48 processeurs en fin 2003, et 64 processeurs en 2004. La technique, associée au système d’exploitation z/OS, permettra de partitionner le mainframe en 15 partitions, puis dès octobre en 30 partitions, et enfin 60 partitions vers la mi 2004. Selon IBM, le nouveau modèle dépasse de 50% la puissance en MIPS des Z900. Linux, par exemple, tourne 55% plus rapidement que sur le Z900. L’information ici vise essentiellement Sun Microsystems. A ce propos, les Linux de Red Hat et SuSE ont déjà été portés sur le mainframe, et la version 3.0 Enterprise de Red Hat devrait être disponible à l’automne. Sans oublier le software Et IBM n’a pas oublié les logiciels. Big Blue se veut agressif sur ce plan. Les nouvelles fonctionnalités apportées à la série devraient lui permettre de traiter directement les applications précédemment fournies par Computer Associates, Compuware et BMC. Et à un prix déjà annoncé comme inférieur de moitié. Selon IBM, les performances des applications des développeurs tierces parties seraient, d’ailleurs, en partie responsables des faibles progressions de la plate-forme… Les services Web issus de J2EE 1.4 seront supportées, comme Soap, (Simple object access protocol) et UDDI (Universal description, discovery and integration), ainsi que la version 1.3 de Java 2 Enterprise Edition.


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