Zune : Microsoft très optimiste

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Malgré un démarrage poussif, la firme espère écouler 1 million d’exemplaires
de son baladeur d’ici à juin 2007

Microsoft croît à sa bonne étoile. La firme de Redmond n’écoute pas les cassandres et estime que son baladeur Zune, vaste contre-offensive contre l’ultra-dominant iPod d’Apple, sera un succès. Le groupe table ainsi sur des ventes dépassant le million d’unités d’ici juin 2007.

Cet optimisme de rigueur tranche avec les précédentes déclarations de l’éditeur. Microsoft s’était toujours refusé à donner ses objectifs, surtout, conscient du gouffre qui le sépare d’Apple (70% de parts de marché, 70 millions d’unités vendues depuis 2001), il souligne qu’il lui faudra du temps et de l’argent.

“Jusqu’à cinq ans d’investissements seront nécessaires avant d’atteindre la rentabilité, (soit) plusieurs centaines de millions de dollars”, a expliqué Robbie Bach, directeur de la division loisirs de Microsoft.

Pour autant, le challenge est difficile. Les premières semaines de vente sont mitigées. Une note du cabinet d’études NPD Group fait état d’une part de marché de 2% pour le Zune aux Etats-Unis, le plaçant en cinquième place des baladeurs numériques les plus vendus au cours de la semaine au 25 novembre, la deuxième après son lancement.

Par ailleurs, le baladeur de Microsoft est critiqué par la presse spécialisée à cause de ses ressemblances troublantes avec l’iPod. D’ailleurs, selon une note publiée par Piper Jaffray & Co, seulement 8% des 40 revendeurs sondés conseillent le Zune à leurs clients, tandis que 75% recommandent l’iPod.

Selon le cabinet d’analyse, le Zune n’a même pas profité à plein de la semaine de son lancement pour se vendre massivement alors que le phénomène de mode était à son point culminant. Le baladeur étant nouveau et signé Microsoft, une marque renommée, mais qui ne colle peut-être pas totalement à l’univers de la musique, un secteur qui est l’apanage d’Apple depuis plusieurs années.

“Le buzz généré par Microsoft autour de son Zune a sensiblement aidé le lecteur dans les premières semaines de son lancement, seulement la firme a peut-être trop misé sur la comparaison entre les deux produits” indique un analyste de Piper Jaffray & CO. “Mais la comparaison ne tenait pas la route pour les spécialistes du secteur, du coup cette mise en compétition a eu des effets négatifs sur les ventes”.

Néanmoins, il est encore trop tôt pour dresser le moindre bilan. Microsoft a le temps de revoir sa stratégie pour rejoindre Apple. Comme pour les consoles de jeux-vidéo, marché où Microsoft n’avait aucune légitimité, le groupe pourrait progressivement se faire une place au soleil.


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