Accord Nokia-Microsoft : vent de révolte du côté des actionnaires de Nokia ?

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Un groupe de neuf actionnaires en colère de Nokia propose un virage à 180 degré de la stratégie proposée par Stephen Elop dans le cadre de l’accord passé avec Microsoft.

Présenté l’avant-veille de l’ouverture du Mobile World Congress 2011 de Barcelone (du 14 au 17 février), l’alliance entre Nokia et Microsoft ne fait pas que des heureux. Surtout du côté des actionnaires qui avaient fraîchement accueilli la stratégie en faisant perdre 14 % de la valeur du titre Nokia le jour même de l’annonce (à 7 euros). Alors que le partenariat avait évidemment été validé par le conseil d’administration, une partie des actionnaires semble vouloir se révolter, en tout cas faire entendre leurs divergences de vue.

Un groupe de « neuf jeunes actionnaires de Nokia » ont écrit, par voie de site web une lettre ouverte aux investisseurs du constructeur finlandais. D’entrée, le ton est donné : « Nous avons l’intention de contester la stratégie de l’entreprise et le partenariat avec Microsoft lors de la prochaine assemblée générale annuelle prévue pour le 3 mai 2011. » Objectif : se faire élire au conseil de direction afin d’appliquer une autre stratégie, un « Plan B ».

Laquelle passerait par un débarquement pur et simple de Stephen Elop, l’actuel P-dg de Nokia, et la révision de l’accord avec Microsoft (dont il est par ailleurs l’ancien patron de la division Entreprise) qui serait réduit à l’adoption de Windows Phone pour un ou deux terminaux de la firme dans le cadre d’une expérimentation commerciale sur le marché américain où Nokia brille par sa quasi absence.

L’idée est bien de faire de MeeGo la plate-forme pour smartphones et d’étendre la durée de vie de Symbian à 5 ans. Ce qui passera par la concentration des équipes de recherche et développements sur deux zones géographiques au maximum (dont une en Finlande) évitant ainsi d’éparpiller les ressources géographiquement, et supprimerait le recours à l’outsoursing tout en renouvelant les efforts de recrutement des jeunes talents. Bref, tout le contraire de la stratégie de Stephen Elop.

L’offre de ce groupe dissident n’a cependant peu de chance d’aboutir. De l’aveu même des intéressés, « les réponses que nous avons reçu des investisseurs institutionnels ne sont pas encourageantes ». Autre obstacle, le risque de voir partir les développeurs de talents de l’entreprise avant la mise en oeuvre de ce Plan B. D’autant que nombre de développeurs indépendants ont apparemment bien accueilli l’annonce. Néanmoins, l’initiative aurait reçu le soutien de « centaines d’actionnaires », selon les opposants. Journée animée en perspective le 3 mai prochain chez Nokia…


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