Adobe : ‘Microsoft veut mettre la page Web dans Windows, nous sur le desktop’

Régulations

Adobe s’oppose à Microsoft s’agissant de leur stratégie du lecteur média
universel. Frédéric Massy, directeur marketing France et Benelux d’Adobe, répond
à Silicon.fr

Comment s’inscrit Adobe Media Player dans votre stratégie ?

Adobe Media Player est un lecteur de contenu Flash qui fonctionne connecté ou déconnecté. Il permet de gérer, manipuler et voir du contenu Flash avec plus de fonctions avancées, de tri, de choix, ou encore l’abonnement à des flux RSS.

Pour les créateurs de contenu, il propose un mode streaming ou un mode déconnecté qui permet de conserver le contrôle sur le contenu avec des mécanismes qui vont par exemple conserver la publicité et valider les DRM.

Pourquoi un nouveau lecteur média ?

Nous visons plus large, pour répondre à l’explosion de la vidéo sur le web. Depuis deux ans nous assistons à une soif insatiable de vidéo. C’est l’exemple de YouTube ou de MySpace, dont le portage des vidéos s’effectue en Flash. Ils profitent de l’ubiquité du player Flash avec lequel tout environnement d’applications vidéo peut être customisé.

Pourtant Flash a ses limitation, en particulier que les vidéos sont exclusivement en mode streaming. Media Player va au contraire nous permettre de sortir de la page web pour porter le contenu sur le desktop.

Notre second constat vient d’Apollo, notre environnement d’exécution multi plates-formes. Là encore pour sortir du web vers le desktop, mais aussi pour faire de réelles applications qui ne sont pas limitées par le mode de la page web.

A ce titre, Media Player est la première application Apollo proposée sur le marché. Il prépare le lancement de toute l’ubiquité du lecteur Apollo. C’est le contenu qui pousse la diffusion.

Pour cela il faut des outils de développement. Pouvez-vous replacer CS3 et Flex 2 dans votre stratégie ?

Nous avons annoncé CS3 (la suite de design papier, web et vidéo d’Adobe) qui apporte de grandes évolutions. En particulier sur Flash, également sur Dreamweaver qui permet de supporter notre framework sur Ajax mais sans coder, et qui intègre l’environnement vidéo.

Flex 2 est basé sur le modèle de description de l’application en infrastructure MXML qui sera compilée pour tourner en Flash. Au final c’est de l’ActionScript. C’est ce modèle que nous avons porté sur Apollo. Nous avons densifié les environnements Flex Builder et CS3 pour intensifier et fluidifier les ponts entre eux.

Que pensez-vous de l’annonce Silverlight par Microsoft ?

Silverlight c’est WPF/e. On en parle depuis douze à dix huit mois. Ce n’est donc pas une surprise et il s’inscrit dans le modèle Vista, Avalon et XAML. Mais Microsoft a lancé WPF/e vers un monde du design qui lui est inconnu.

Globalement, ils ont ciblé le monde Flash, mais nous avons deux visions stratégiques différentes : la stratégie de Microsoft est de mettre la page Web dans Windows, notre stratégie est de sortir de la page web et de nous placer sur le desktop en profitant du taux de pénétration de Flash.

La vraie question c’est comment WPF/e va se déployer et comment va se soutenir cette stratégie dans le temps ?

Certes, mais Microsoft peut compter sur son écosystème…

Du côté du développeur, il faut créer du contenu et des applications via Internet qui est l’environnement cible où s’exécuter. Mais WPF/e ne prend du sens que vers WPF. C’est une de ses limitations qui impose de faire des compromis avec les environnements Internet, avec un côté fromage ou dessert. Et ça reste un modèle de scripting du navigateur.

Concernant l’environnement Flash, c’est notre fonds de commerce. Créer avec Flash et ActionScript va permettre de se déployer sur toutes les plates-formes.

Il vous faut quand même prendre en compte la plate-forme .NET. Et que pensez-vous de l’annonce Expression de Microsoft sur le design ?

La volonté de créer du contenu riche est en pleine explosion. Cela implique que nous avons besoin d’outils de communication plus élaborés. .NET est supporté dans l’environnement Flex, tous comme le sont Java ou PHP. C’est l’intérêt d’être ouvert à tous ces environnements. Mais .NET restera plus compétitif et moins ouvert.

Expression répond de la même analyse, avec la nécessité d’avoir une collaboration plus forte et le besoin de créer des interfaces. Mais Microsoft restera orienté vers le développement?


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