Alcatel-Lucent: Serge Tchuruk assume son bilan de 13 ans

Réseaux

Au Figaro, le président en poste depuis 1995 et sur le départ, justifie sa stratégie de ‘recentrage’

A la question: “Comment a été prise la décision de votre départ et de celui de Pat Russo [dg du groupe depuis la fusion]”, Serge Tchuruk qui quittera ses fonctions à la fin de cette année, répond au Figaro de ce 25 août:

Patricia Russo et moi-même avons décidé de tourner une page. Nous allons laisser la main à une direction nouveau qui entreprendra un nouveau départ. Le groupe a été assaini. Nous sommes le numéro un mondial incontesté dans les réseaux de télécommunications et numéro trois dans le mobile. Nous nous sommes développés dans les services et le secteur public et industriel. Ce dont je suis très fier“.

“Le conseil d’administration sera-t-il remanié?”

Réponse: “Oui, il y aura une évolution” (…) Les origines des uns et des autres[apports des deux sociétés]devront être oubliées. ”

“Patron à poigne (…) vous avez usé un certain nombre de dauphins… N’y avait-il pas un “problème Tchuruk” à la tête du groupe” ?

Réponse: “Je n’ai pas “tué” mes successeurs potentiels comme j’ai pu le lire souvent! Jo Cornu a fait un choix de vie personnel (…). Krish Pradbuh était peut-être prêt à diriger Alcatel mais depuis Dallas! Avec Philippe Germon, nous nous sommes séparés à l’amiable. Et après la fusion, Mike Quigley[responsable international d’Alcatel, d’origine australienne]a été le premier à dire que Patricia Russo devait prendre la tête du groupe.”

“Avez-vous sous-estimé les difficultés du mariage avec Lucent ? ”

Réponse: “Peut-être. Dans toute fusion il y a des moments difficiles. Nous avons rencontré des difficultés culturelles (…) Le profil de Lucent était d’avoir 70% de ses clients aux Etats-Unis. En face, Alcatel, dont la France ne représente plus que 6 à 7% de son chiffre d’affaires, est présent dans 130 pays (…)

“Mais la stratégie de recentrage d’Alcatel sur les télécoms donne lieu à un vrai débat…”

Réponse: “Alcatel-Lucent détient une position de tout premier plan dans les technologies de communication. (…) En 1995, les télécoms représentaient une petite moitié de l’activité du groupe. Pour le reste, à part les activités dans le câble et Cegelec, beaucoup plus petites, il s’agissait surtout de participations soit paritaires (…), soit financières (…). Nous devions prendre des décisions radicales car les difficultés se précisaient un peu partout. Dans les télécoms, nous étions en bonne place sur le marché des centraux téléphoniques traditionnels alors que leur déclin s’accélérait. Mais nous étions en mauvaise posture sur les marchés porteurs du mobile et celui des données, ce dernier étant devenu celui de l’Internet. Il fallait rassembler nos forces sur le secteur central des télécoms, qui présentait un fort potentiel de croissance”. (…) Le titre Alcatel en Bourse est tombé au niveau médiocre de 4 euros… “(…) cela a été le cas de beaucoup d’acteurs du domaine. Nous avons été notamment confrontés à l’éclatement de la bulle Internet en 2000 (…) Alcatel n’a reçu d’aide de personne. C’est ce qui explique en partie nos cessions. Nous sommes ressortis de la crise des télécoms avec une position renforcée par rapport à nos concurrents nord-américains, qui étaient plus gros que nous auparavant”. (…). A présent, Alcatel-Lucent est un groupe aux atouts considérables. Il devra délivrer des résultats sur le plan financier pour concrétiser ses promesses. Et il le peut.


Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur