Après l’Atom, Intel s’attaque au Quark

ComposantsM2M

Semaine dense pour Intel qui a présenté Quark, sa nouvelle plate-forme x86 à très basse consommation. Un nouveau segment pour Intel et peut-être même un nouveau modèle de distribution.

Intel vient d’annoncer son plus petit cœur de processeur avec Quark dont la surface est 5 fois plus petite que celle d’un cœur Atom Silvermont. Une miniaturisation qui s’accompagne d’une réduction énergétique à l’avenant puisqu’un tel cœur consommera le dixième d’un cœur Atom Silvermont.

Bryan Krzanich, pour l’occasion, est monté sur scène lors de l’IDF 2013. Bracelets connectés à l’appui, le PDG d’Intel n’y est pas allé par quatre chemins en précisant que le Quark X1000 – première puce intégrant un cœur Quark – conviendra parfaitement à des applications dans la mouvance de l’Internet des Objets et des accessoires “intelligents” (smartwatches, bracelets, lunettes…).

Et Bryan Krzanich d’ajouter qu’Intel n’entend pas développer des produits, mais proposer le silicium ainsi que la reference board (carte de référence) également miniaturisée l’intégrant et le software afin de faciliter le travail des développeurs et des constructeurs.

Les premiers échantillons de ces cartes de référence seront disponibles dès la fin 2013 avec puces Quark gravées en 32 nm. Les premiers produits ne devraient donc pas arriver avant 2014.

“Une plate-forme ouverte”…

Mais s’il s’agit d’un tout nouveau créneau adressé par Intel, le modèle de distribution de la plate-forme Quark pourrait, lui, également être nouveau… pour Intel.

De manière laconique, le fondeur américain a indiqué que Quark était “complètement synthétisable“. Cela signifie que des constructeurs tiers pourront ajouter leurs propres IP aux cœurs Quark.

De surcroît, Quark a été conçu pour être indépendant du fondeur, même si Intel conservera le contrôle de la fabrication sur l’ensemble du processus. Le choix du process CMOS 32 nm dépourvu des transistors FinFET TriGate propres à Intel (même si d’autres fondeurs ont développé également des transistors FinFET) n’est sans doute pas innocent.

Personnalisation et indépendance vis-à-vis du process (dans une certaine mesure) sont bien là les caractéristiques des cœurs que licencient ARM. La plate-forme Quark à architecture x86 devrait d’ailleurs venir en concurrence de puces à architecture ARM (et MIPS).

Mais, le modèle de licence qu’Intel pourrait initier avec Quark se ferait plutôt de gré à gré avec chaque client via une personnalisation du cœur. On resterait donc loin du modèle des licences ARM.

… mais aussi omnipotente

Si Intel n’a guère donné de précisions techniques sur les performances de Quark, les marchés évoqués laissent dubitatifs : Internet des Objets et accessoires connectés tels que des smartwatches.

Or actuellement, les SoC ARM utilisés pour ces deux secteurs dissociés ne sont pas les mêmes : puces à très faible consommation de type Cortex-M0 (ainsi que M0+ et R) pour le M2M et puces à architecture Cotex-A9 pour les Google Glass Edition Explorer (SoC Ti OMAP4430 gravé en 45 nm) par exemple ou équivalent (architecture ARM utilisée non connue) Exynos (à deux cœurs cadencés à 800 MHz) pour la montre Samsung Galaxy Gear.

On le voit clairement, avec la smartwatch de Samsung dont l’autonomie annoncée est d’une journée, le créneau des SoC pour appareils sur batterie de moins de 500 mAh (315 mAh pour la Galaxy Gear) reste donc vacant, aucune architecture ARM n’existant spécifiquement pour ce domaine.

Quark pourrait donc répondre aux impératifs des “wearable devices” en termes de rapport performances par watt. Mais, cadencé à des fréquences beaucoup plus basses, Quark prendrait alors le visage d’une puce adaptée à l’Internet des Objets.

Alors qu’une passe d’armes a eu lieu entre Intel et ARM sur l’autel des processeurs à faible consommation, le fondeur américain entend bien prendre le leadership sur le secteur de la très faible et de l’ultra faible consommation avec Quark.

Si l’on respecte l’analogie avec la matière, il s’agirait de l’ultime étape après les Atom puisque les quarks sont les plus petites particules dans la matière (empressons-nous d’ajouter “connues à ce jour”).


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