Atos veut mettre un terme à un contrat « mortel » au Royaume-Uni

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La SSII française Atos tente de clôturer, avant le terme prévu en 2015, un contrat de plus de 100 millions de livres par an. Car ses équipes chargées par le gouvernement britannique de tests d’évaluation liés une allocation d’invalidité font l’objet de menaces de mort.

Au Royaume-Uni, Atos tente de sortir précocement d’un contrat de plusieurs centaines de millions de livres conclu avec le gouvernement britannique. Des menaces de morts « persistantes » ayant été proférées contre ses équipes chargées d’évaluations controversées liées une allocation d’invalidité, rapporte le Financial Times dans son édition du 20 février.

Externalisation d’un service public

Pour la SSII française, dont la filiale santé Atos Healthcare détermine via des tests « d’aptitude au travail » si le demandeur peut ou non bénéficier de prestations liées au handicap, la situation est devenue intenable. Plusieurs de ses 2 000 collaborateurs chargés de ce contrat auraient été menacés, en personne ou via les réseaux sociaux. Atos estime le nombre moyen d’incidents (insultes ou agressions contre ses personnels) à 163 par mois en 2013.

Atos tenterait depuis octobre 2013 de négocier avec le gouvernement de David Cameron la clôture du contrat avant le terme prévu en août 2015. Il y a urgence, car ce contrat d’externalisation d’un service public à une entreprise privée ne satisfait plus personne, ni les demandeurs, ni le ministère britannique du Travail et des Retraites (DWP), ni Atos Healthcare. Selon le prestataire informatique, les tests sont « dépassés ».

Un contrat de plus de 100 millions de livres par an

Ce contrat qui rapporte plus de 100 millions de livres sterling par an à Atos, a été initié dès 1998 sous un gouvernement travailliste. En 2005, puis en 2010, le contrat a été a été renouvelé pour cinq ans. L’actuel gouvernement conservateur, dans un souci de réduction des coûts, s’est depuis prononcé pour interdire l’accès aux prestations à davantage d’individus considérés aptes au travail. Mais, un tiers des décisions d’Atos qui se sont traduites par un refus d’allocation auraient été invalidées en appel, d’après le Financial Times (lire également Atos, sponsor controversé des Jeux paralympiques de Londres).

Malgré tout, la SSII française reste un prestataire de référence pour le Royaume-Uni. Atos a signé l’an dernier avec le gouvernement britannique un autre contrat de 400 millions de livres sur cinq ans portant sur l’évaluation de titulaires, actifs ou non, d’une pension d’invalidité (new Personal Independence Payment). Par ailleurs, l’ensemble des contrats conclus entre Atos et le secteur public britannique auraient rapporté à la SSII 700 millions de livres en 2012.


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Auteur : Ariane Beky
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