ComScore veut s’imposer dans la mesure d’audience en France

Régulations

Présent en France depuis moins d’un an, le groupe américain entend s’imposer
dans le petit monde de la mesure d’audience des sites Internet. Rencontre avec
Delphine Gatignol, responsable du développement France

De plus en plus stratégique, la mesure d’audience des sites Internet français compte désormais un nouvel acteur de poids. Depuis 8 mois, l’américain comScore a réellement débuté ses activités dans notre pays avec la publication de nombreuses études sur les sites ou le commerce en ligne. Son ambition : devenir aussi incontournable qu’un Cybermetrie de Mediametrie ou qu’un Nielsen Net Rating. Pour autant, le groupe entend se différencier en proposant des méthodes d’analyses différentes. Des méthodes qui parfois créent la polémique. Explications avec Delphine Gatignol, responsable du développement pour la France.

Présentez-nous comScore.

ComScore est un des leaders mondiaux de la mesure sur Internet. Nous étudions les audiences Internet de 32 pays grâce à un panel de 2 millions de personnes dont 20.000 en France. En Europe, nous nous sommes d’abord attaqué au marché anglais et nous sommes en France depuis huit mois, nous comptons déjà une vingtaine de clients dont Skyrock, Via Michelin ou encore Meetic.

Comment effectuez-vous les mesures ?

Les habitudes navigation et de transaction (commerce en ligne) de nos panélistes sont capturées grâce à un logiciel de tracking qu’ils installent dans leurs ordinateurs. Ce logiciel utilise une technologie exclusive qui permet de mesurer des éléments importants de comportement et d’habitudes que nous croisons par la suite. Ce qui permet d’obtenir des statistiques très précises. Pour les panélistes, il n’y a aucun changement, ils pratiquent le Web comme ils l’entendent. Notre approche est user-centric.

Quels sont vos atouts face à une concurrence déjà bien installée ?

Nousz disposons de trois atouts : la taille de notre panel, une meilleure fiabilité des résultats et la mise en avant d’informations croisées liées à la navigation de nos panélistes.

Selon certains éditeurs de sécurité et certains observateurs, l’i nstallation de votre logiciel provoquerait l’arrivée de spywares et d’adwares dans la machine du panéliste.

Cette polémique est la rançon de notre succès. Il s’agit d’une vieille histoire datant de 2001-2002 qui s’est produite une seule fois. Un de nos partenaires a en effet mis en route son outil sans nous prévenir. C’est via ce partenaire que nos panélistes ont pû télécharger ces malwares. Mais on a tout de suite repéré le problème. Aujourd’hui, nous avons trois niveaux de sécurité pour éviter que cela se reproduise.

L’Université d’Harvard et l’éditeur Sunbelt affirment pourtant qu’en téléchargeant votre logiciel, un adware (Dollarevenue) s’installe encore aujourd’hui.

Nous réfutons ces allégations. Ce type d’incident a été observé une fois, il ne s’est jamais reproduit depuis.

Pour le même site, les résultats d’audience sont parfois très différents. Pourquoi ces disparités ?

En effet, les disparités existent. Mais les méthodes de mesure sont différentes, on ne peut pas comparer la méthodologie site centric, purement quantitative et l’user centric, d’où ces différences. Mais il est néanmoins nécessaire d’enquêter lorsque les disparités sont trop importantes.

L’essor des sites 2.0 n’est-il pas problématique pour les spécialistes de l’audience puisque le rafraîchissement se fait par bloc ?

Il est nécessaire de s’adapter à cette tendance. Chez comScore, le Web 2.0 est mesurable car l’outil observe la page, non pas l’url. Mais il faudra de nouveaux outils pour mesurer l’usage du streaming ou de la vidéo.

Allez-vous mesurer l’audience des sites sur téléphone mobile ?

Nous planchons sur la question et nous devrions proposer une solution à court terme. La difficulté réside dans des habitudes de consommation très différentes entre les marchés américains et européens.


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