Crise à Soitec

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Mauvais résultats, limogeage du directeur général, le spécialiste du SOI va mal

Rien ne va plus chez Soitec, le spécialiste français du SOI (silicium sur isolant). Les résultats financiers médiocres couplés à une chute continue de l’action (-75% en un an) ont eu la peau du directeur général de l’entreprise Pascal Mauberger qui a tout simplement été révoqué.

Dans un communiqué, le groupe explique avoir décidé de “révoquer de son mandat de directeur général délégué”Pascal Mauberger et que le p-dg, André-Jacques Auberton-Hervé, “prend en charge la direction opérationnelle du groupe”.

Le p-dg annonce qu’il va s’entourer d’un bureau constitué d’une garde rapprochée : Paul Boudre – directeur Marketing Développement & Ventes, Corinne Margot – directrice des Ressources Humaines, Iain Murray – directeur Financier, Emmanuel Arene – directeur des Opérations Industrielles et enfin Carlos Mazuré – directeur Recherche et Développement.

En effet, Soitec accumule les mauvaises nouvelles. Le chiffre d’affaires des neuf premiers mois de l’exercice 2007-2008 chute de plus de 15% à 232 millions d’euros. Pour le premier semestre, Soitec avait annoncé une perte nette de 1,2 million d’euros contre un bénéfice de 21 millions un an plus tôt.

L’entreprise basée en Isère explique subir “un contexte difficile résultant de la forte dépendance à court terme du groupe aux fluctuations de la demande en provenance de ses principaux clients”.Notamment AMD mis en difficulté par la guerre des prix qu’il a engagé contre Intel qui n’utilise pas le SOI de Soitec.

Il faut également évoquer le poids de la parité euro-dollars : les ventes du groupe sont facturées dans la monnaie américaine alors que ses coûts sont calculés en euros.

La situation actuelle “nécessite un pilotage ajusté et fin”, a déclaré à l’AFP Olivier Brice, responsable de la communication financière, qui a dit “ne pas avoir de visibilité aujourd’hui pour se prononcer sur le prochain exercice”.

Les temps sont donc difficiles pour une entreprisequi jusqu’à présent avait connu une croissance annuelle moyenne de l’ordre de 40% à 50% depuis son introduction en Bourse en 1999.


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