En France plus de la moitié des spams sont désormais rédigés en français

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Moins de spams ces dernières semaines mais des courriels indésirables aux techniques toujours plus élaborées pour piéger l’internaute.

« Moins 1% en juillet, c’est bien mais pas significatif» estimePaul Wood, senior analyste du prestataire en sécurité MessageLabs. Selon lui, les « bad guys » du net (les mauvais garçons) attendent simplement leur heure. « Les spammers travaillent d’après une certaine stratégie, explique-t-il, et ciblent davantage des périodes clé comme Noël ou la Saint-Valentin pour lancer leurs campagnes ». Il faut se méfier de l’eau qui dort puisque le niveau mondial de spams reste à 90%, 95% pour la France, juste derrière l’Allemagne avec 97,5%.

Ces dernières semaines, la traduction est devenue l’outil très tendance chez les spammers. Les « bad guys » ont désormais recours aux services de traduction automatique sur le net pour contourner la méfiance des internautes et leur envoyer des spams dans leur langue maternelle. Le taux de ces spams localisés s’élève à « un sur vingt dans le monde » contre « 53% en France » explique l’entreprise spécialisée. Ces spams sont donc en progression mais pas de panique: « Ils sont grossièrement traduits, parfois mal-écrits,rassure le senior analyst,ils ne peuvent pas faire illusion bien longtemps. Simplement, les gens se méfient moins lorsque le mail envoyé provient d’une adresse de leur pays d’origine. Un mail écrit en japonais posté à un internaute japonais sera forcément moins suspect qu’un mail en anglais !»

Les spammers s’empare des ‘tiny URL’

Autre phénomène tendance chez les spammers, celui des ‘tiny URL‘ qui représentent 6,2% de l’ensemble des spams envoyés. Surfant sur la popularité des sites de microblogging et sur leurs ‘tweets’, ces messages de très court format, les cybercriminels ont recours à « des services gratuits de réacheminement d’URL». « Ces services de réacheminement transforment de longues adresses Web en URL raccourcies, ce qui permet aux cybercriminels de masquer plus facilement la véritable destination d’une URL aux yeux de leurs victimes. Avec ces URL raccourcies, plus besoin de s’enregistrer ni de rentrer des données personnelles, les cybercriminels sont libres !, reconnaît Paul Wood. Ils sont comme des enfants dans un magasin de sucreries.»

Enfin, dernière stratégie en vogue afin de passer les contrôles anti-spam, les « image spams», des messages sans texte. La technique n’est pas nouvelle puisqu’elle existe depuis 2007 mais elle s’est perfectionnée et «intensifiée ces deux, trois derniers mois, affirme l’analyste spécialisé, puisqu’elle représente à présent 15% de l’ensemble des spams ».

Si le niveau de spams reçus en France (95%) laisse songeur, Paul Wood est très clair, la cible privilégiée des cybercriminels en ce moment reste les pays émergents tels que « l’Inde ou le Brésil, moins préparés à leurs attaques ».


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