James Gosling : ‘Java vit désormais sa propre vie

Régulations

Rencontre avec James Gosling, le créateur mythique de Java

Versailles –

Il a la force tranquille d’un homme dont la vie a été bien remplie et qui n’a plus rien à prouver, sauf de s’assurer du prolongement de son ‘?uvre’. James Gosling est pourtant une figure dans l’univers informatique, et plus encore dans celui du développement logiciel.Il a créé le langage Java ! Il était à Versailles

Quels sont les grandes étapes de la genèse de Java -sans oublier les périodes difficiles?

Il y a 25 ans, chez Sun, nous avons lancé ce projet de recherche autour du ‘networking’. Nous voulions développer un outil pour permettre aux entreprises et aux universités de communiquer, un outil qui fasse que tout soit connecté à tout.

Ça n’a pas toujours été simple, nous avons rencontré des problèmes avec la sécurité, avec l’hétérogénéité. Mais nous avons passé un accord avec les experts du ‘software ingeniering‘ et c’est ainsi que nous avons rencontré un gros succès.

Quelles étaient vos priorités ?

Le plus important, c’était le ‘networking’. Nous voulions adresser la communauté la plus large, des serveurs à l’embarqué, des PC aux téléphones mobiles. ‘Everything’, tout est capable de supporter du code Java.

N’avez-vous pas peur de perdre le contrôle de votre création ?

Il y a bien longtemps que Java ne nous appartient plus et il survivra à sa communauté. Sun se limite aujourd’hui à intégrer le design apporté par la communauté, mais ils sont nombreux dans celle-ci à participer à l’évolution de Java.

Et quel accueil vous réserve cette communauté ?

Je suis dans une position étrange: on me considère comme un gourou, on me demande des autographes. En fait, j’ai lancé le projet, mais depuis lors, il vit sa propre vie. C’est comme un enfant qui vit sa propre vie.

Que pensez-vous de la politique Open Source adoptée par Sun ?

Java est un projet Open Source depuis 25 ans. Les anciens systèmes Java ont toujours été distribués gratuitement. Nous travaillons avec la communauté et nous sommes présents sur de nombreux projets Open Source.

Que vous apporte alors la communauté ?

Le ‘testing’. Si un projet Java est destiné à une diffusion commerciale, la communauté participe aux tests méticuleux en ‘cross plateform’, sous Unix, Linux, Mac OS, Windows… Le système d’exploitation n’a pas d’impact sous Java.

Notre mission est de participer au maintient des engagements relatifs aux priorités de la communauté et d’accompagner ses changements avec les organisations standardisées.

Sun est un facilitateur des processus mais n’en a pas le contrôle. L’écosystème Java est complexe, et le souhait de Sun est de protéger cet écosystème.

Comment Sun va-t-il faire évoluer son modèle économique autour de Java ?

Avec les services. Le conseil, la formation, et l’optimisation verticale. Et se rapprocher des performances des meilleurs sur le marché.

Et l’intégration de Java avec les processeurs ?

Comme pour la virtualisation ou d’autres technologies, des fonctionnalités Java seront intégrées aux processeurs dans le futur, oui. Et nous devrons nous adapter aux changements.

Mais l’approche de Sun est celle du design d’un système, pas seulement d’un processeur, à la différence d’un Intel ou d’un AMD. Niagara (la dernière évolution de Sparc) profite d’une forte intégration avec Java Suite.

Plusieurs tentatives de développer des applications ‘desktop’, concurrentes de Microsoft Office par exemple, ont échouées. N’est-ce pas la principale faille de Java d’être finalement éloigné des outils de bases de l’utilisateur au bureau ?

C’est une tragédie ! Unix ou Linux sont trop petits face à Windows. Sur Word ou Excel, nous n’avons aucune chance face à Microsoft !

Mais les conférences utilisateurs Java se terminent et James Browling doit rejoindre la communauté des développeurs? Combien d’autographes va-t-il encore signés aujourd’hui ?


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