La dématérialisation fiscale demeure l'exception

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400 millions d’euros, 29 % de taux de croissance de prévision… La dématérialisation des factures se poursuit. Mais la dématérialisation fiscale, qui élimine totalement le papier, demeure rare.

Le marché de la dématérialisation des factures, lourd de 400 millions d’euros, devrait connaître une croissance à deux chiffres dans les années à venir. Néanmoins, les obstacles ne manquent pas, qui pourraient freiner ce développement.

Ce 24 novembre, Markess International, cabinet d’études sur l’impact des technologies de l’information sur les organisations, a présenté son étude annuelle sur l’évolution de cette pratique et sur son marché. L’enquête s’appuie notamment sur 190 entretiens menés entre août et octobre 2009, auprès de directeurs informatiques, des responsables vente ou achat, ou encore des directions générales, ainsi qu’auprès de 34 fournisseurs de solutions IT.

Croissance à deux chiffres malgré la crise

Le marché de la dématérialisation des factures connaît un taux de croissance de 21 % depuis 2008, et devrait continuer à croître, malgré la crise. Aux dires de la majorité de l’échantillon interrogé, les problèmes économiques ne freinent pas ces projets, voire les encouragent. Dans les secteurs pionniers, comme l’industrie ou la distribution, la tendance donc devrait se poursuivre. Et des projets commencent à poindre dans le secteur privé.

La mairie de Paris, par exemple, a mis en place un projet dans le cadre de la dématérialisation des achats publics. La LME (loi de modernisation de l’économie) prévoit d’ailleurs de nouvelles obligations dans ce domaine, même si elles ne sont pas encore rentrées en application. « Depuis trois ans, l’intérêt pour la dématérialisation des factures est de plus en plus soutenu », note Hélène Mouiche, chargée d’études auprès du cabinet Markess. Résultat, le marché devrait continuer à croître, en vertu d’un effet «domino» des projets.

Ceux ci portent sur des types de dématérialisations différentes. 60 % des entreprises interrogées (un panel plutôt mature sur le sujet) la pratiquent déjà. Néanmoins, la dématérialisation dite fiscale, seule à éliminer totalement le flux de papier parallèle, demeure très minoritaire. Au total, elle ne représente que 6 % du volume des factures échangées des 134 entreprises de l’échantillon. C’est 2 % de plus que l’année précédente.

Motivation à marche forcée pour les fournisseurs

Pour les clients comme pour les fournisseurs, les motivations ne manquent pas de passer à la dématérialisation. Pour le neuf dixième des clients, la motivation principale réside dans le besoin d’automatiser les processus comptables, de les optimiser en éliminant des taches manuelles. La LME, qui impose des délais de paiement réduits et prévoit des pénalités en cas de non respect, renforce cette préoccupation.

Autre volonté, celle de réduire les coûts. Car c’est le client assume les deux tiers du coût de traitement de la facture, qui va de 15 à 18 euros. Cette préoccupation de réduction des coûts est partagée par les fournisseurs, même si dans une moindre mesure. Mais, en fait, si les fournisseurs entament des projets de dématérialisation, leur motivation réside pour l’essentiel selon la demande de leurs clients, tout comme en 2008. Une nouveauté toutefois : certains commencent à citer le développement durable comme une motivation pour dématérialiser les factures.


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