Le p-dg d’Altran est sur le départ

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Alexis Kniazeff, mis en examen dans l’enquête du juge Courroye, a programmé son retrait. Mais il réfute toute responsabilité dans le scandale financier qui secoue la société de conseil en innovation depuis près de deux ans

Le haut de la pyramide d’Altran est sur le point de céder. Dans une interview accordée à

la Tribune, Alexis Kniazeff, p-dg et fondateur de l’entreprise française annonce son retrait programmé: “Je n’ai pas l’intention de rester”, explique-t-il. Ce départ marque un épisode supplémentaire dans le scandale comptable et financier qui secoue le groupe depuis janvier 2003. Ainsi, après les démissions “forcées” d’Hubert Martigny, Michel Friedlander et Jean-Michel Martin, administrateurs et, respectivement directeurs généraux délégués et directeur général adjoint, c’est au tour d’Alexis Knaizeff de quitter le navire. Il a été mis en examen par le juge Courroye depuis cet été. “Je n’ai pas l’intention de rester à la tête de la société, sauf pendant le temps nécessaire pour que la nouvelle équipe s’impose progressivement à la tête du groupe. Lorsque la société sera sur les rails, soit je prendrai un poste au conseil d’administration, soit je me retirerai. Si je devais prendre la présidence du directoire un moment, ce que personnellement je ne souhaite pas, cela ne serait que transitoire”, explique-t-il. Le leader européen des prestations de conseil en innovation technologique est soupçonné d’avoir falsifié les comptes et le bilan de la société et de ses filiales pour l’exercice 2001 et le premier semestre 2002, alors qu’elles étaient en difficulté. En clair, Altran aurait émis des fausses factures destinées à masquer le recul de l’activité en 2001-2002. Ce que la société française de conseil en technologies a toujours nié. Pourtant, le système aurait été organisé et connu de tous. Une vision rejetée par Alexis Kniazeff qui nie toute responsabilité dans la fraude présumée. “A l’époque, je suivais les affaires de loin, en tant que président du conseil d’administration. Je n’ai eu à aucun moment connaissance des faits inadmissibles qui se sont déroulés. Ensuite, il ne s’agissait pas d’un système organisé mais artisanal, fait dans la précipitation par un seul homme, Frédéric Bonan, qui a été mis en cause par pratiquement tous les contrôles opérés depuis. Il a reconnu les faits puis a tenté d’impliquer plus de monde. Mais ni moi, ni mon associé, Hubert Martigny, n’avons jamais été nommés ni accusés par qui que ce soit d’autre”. Bref, Alexis Kniazeff se considère blanc comme neige. Ce qui n’est visiblement pas l’avis du juge Courroye. Extension de l’enquête

Le parquet de Paris a pris le 24 septembre des réquisitions supplétives concernant des faits de délits d’initiés. Ces soupçons concernent des opérations financières réalisées par les cofondateurs du groupe, Alexis Kniazeff et Hubert Martigny.

Dans la Tribune, le p-dg tente de s’expliquer: “Les ventes d’action d’Altran en question, effectuées sous un mandat d’UBS, ont été faites dans une période autorisée par les autorités de marché, entre le 7 et le 13 février 2002, après la publication du chiffre d’affaires du 5 février. Il s’agit d’un programme de désengagement des deux fondateurs qui se renouvelait à l’identique tous les ans. Il n’y a donc pas de délit d’initié. Ensuite, les virements de compte à compte ont été faits sur les conseils d’UBS. D’ailleurs, j’ai été contrôlé par le fisc et je n’ai pas été redressé”.


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