Les grands comptes sont très friands des modes ASP et SaaS

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Les applications accessibles par le Web visaient les PME. En réalité, les grands comptes, et pas seulement leurs petites filiales, s’y intéressent. Source: Markess

Le mode ASP n’est pas l’apanage des PME. Pour 2008, le cabinet d’études Markess International prévoit ainsi que le marché français, toujours en forte progression, sera de 1,480 M€, dont 0,790 M€ pour les grands comptes et leurs filiales, confirmant les tendances des années précédentes. « Tous manifestent le même intérêt, qu’ils soient nationaux ou d’origine étrangère« , souligne Emmanuelle Olivié-Paul, directeur associé responsable de la recherche.

Le marché français de l’ASP

(en milliers d’euros)

total dont grands compteset leurs filiales
2006 0,970 0,520
2007 1 130 0,660
2008 1 480 0,790

(Source : Markess International)

Sauf l’exception notoire de la paie en ligne, les grandes entreprises auraient même été les premiers vrais clients du mode ASP, bien que les offreurs se soient adressés en priorité aux PME. Plus en éveil que les PME, elles ont le temps de rechercher les innovations et de les tester. « Beaucoup d’entre elles, complète Guillaume Lefèbvre, dg-adjoint du GMSP (Global Managed Services Provider) Ornis (Risc Group), sont aussi des déçues de l’outsourcing, qui, en raison de mutualisations insuffisantes, ne tient pas forcément ses plans de progrès, ni ses promesses d’économie. »

L’application en ligne, au contraire, est immédiatement disponible, sans investissement. Elle peut être adoptée dans les cas d’urgence, surtout pour les fonctions en marge du SI.

Elle peut être testée sur un site isolé, puis généralisée à son rythme. La web-conférence collaborative Webex a ainsi décollé après le 11 septembre et la restriction des budgets voyages qui s’en est suivie. Puis les grandes entreprises se sont rapidement tournées vers d’autres applications, surtout RH: la gestion des CV, le recrutement en ligne, la gestion des talents (avec Taleo ou Saba), l’e-procurement, l’e-mailing, l’e-facturation (avec b-process), la sauvegarde distante, le partage de fichiers (avec Oodrive, largement utilisé désormais dans la cosmétologie pour la communication, les relations de presse, le marketing, le merchandising et la formation), et bien sûr aussi la gestion de la relation-client, avec Salesforce notamment, qui a maintenant des clients de plusieurs dizaines de milliers d’utilisateurs (Dell, Japan Post…).

Comme on voit, le choix s’est largement diversifié et continuera de s’amplifier dans l’avenir. Il évolue désormais vers le SaaS (Software as a Service), dont le modèle le plus abouti est sans doute Salesforce.com.

« Notre application de GRC est totalement mutualisée, rappelle Khalid Lach Gar, directeur avant-vente France. C’est la même pour tous les clients, quelque soit leur taille. Elle est donc mise à jour en une seule fois, contrairement au mode ASP de première génération qui ne mutualisait que les infrastructures. Et pourtant, chaque client peut rapidement paramétrer Salesforce en fonction de ses besoins et de leur évolution. »

Le modèle à la demande séduit les grands comptes

Ce modèle réellement à la demande, sans limite de capacité, intégrable au SI et accessible au sur mesure, séduit tout particulièrement les grands comptes, si bien que la plupart des grands éditeurs américains parlent désormais de le répliquer pour chacun de leurs produits phares.

« Le SaaS est avec l’Open Source l’une des deux grandes alternatives d’aujourd’hui », enchaîne Jean-Michel Franco, directeur des solutions chez Business & Decision. L’intégrateur compte donc le développer à son tour avec les CRM on-demand d’Oracle et de Siebel, ou la consolidation financière Hyperion HF d’Oracle ou Cartesis de Business Objects/SAP.

Ornis (Risc Group), lui, se concentre sur d’autres valeurs sûres des applications en ligne pour entreprises de 300 à mille personnes, celles qui continuent d’être promises à une croissance à deux chiffres. Ce sont les messageries Exchange, la sauvegarde distante sur technologie Tivoli Storage Manager et le centrex IP en technologie Comverse (ex-NetCentrex).

« Nous proposons des solutions convergentes, mais seccables et réversibles, parce que non propriétaires », souligne Guillaume Lefèbvre, dg-adjoint. A l’évidence, c’est une autre façon de mieux séduire les grosses PME, avec l’argument supplémenaire qu’Ornis est également opérateur de réseaux, afin de garantir une disponibilité de bout en bout de 99,99 % et qu’il peut aussi mettre en place des PRA d’avance. Par la suite, il prévoit de mettre également en ligne un SAN HP8000, un PGI, une GED, une aide à la décision dans la logistique, mais dont les éditeurs ne peuvent encore être révélés.


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