Michel Mayer, Freescale : ‘La France n’est pas aussi business friendly qu’elle devrait l’être’

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Question à Michel Mayer, CEO de Freescale Semiconductors : Et si vous aviez un message à envoyer à la France et aux français ?

La France a beaucoup d’atouts ‘potentiels’ dans le monde de la haute technologie. Notre système d’éducation est formidable, qui fournit de très bons ingénieurs, et on a des gens qui sont pas mal créatifs et qui sont compétents.

Malheureusement on a un environnement qui n’est pas aussi ‘business friendly‘ qu’il pourrait ou devrait l’être. C’est important pour les Français de comprendre que l’entreprise est créatrice de valeurs, et que ce n’est pas l’ennemi. Mais malheureusement, de temps en temps, il y a un peu trop de ça, et c’est un frein au développement de la valeur qui pourrait être créée.

Cela dit, je ne tombe pas dans le négativisme, les chiffres sont clairs et montrent que la France est un des endroits où il y a le plus fort taux d’investissements étrangers dans le monde et que l’entreprise France se porte bien. Mais elle se porte bien plutôt à l’extérieur de l’hexagone. La santé du CAC40 est plus une santé d’industrie mondiale et globale, qu’une santé réelle.

Il faudrait un peu plus de dynamisme et d’entreprenariat. Et derrière ça, comprendre que l’entreprise apporte de la valeur et qu’un chef d’entreprise qui réussit apporte beaucoup plus de valeur qu’un footballeur à une société !

Ce n’est pas très sain d’avoir un tissu social qui n’a aucun problème avec le fait que des individus gagnent des sommes énormes parce qu’ils présentent une émission de télé ou parce qu’ils ont un dont sportif, etc., mais qui par contre s’offusquent de gens qui dirigent et créent des valeurs énormes. Il y a problème dans l’échelle des valeurs qu’il n’y a pas aux Etats-Unis.

Ça n’excuse pas les dérapages, mais dans l’inconscient collectif social, les américains sont beaucoup plus à l’aise avec la reconnaissance du fait que des gens qui créent des milliers d’emplois, qui prennent des décisions, qui influencent la création de valeur sur plusieurs années, on ne peut pas sérieusement ne pas reconnaître que ce sont des jobs au moins aussi importants que celui des gens qui lisent un téléprompteur à la télé.


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