Mobilcom compte réclamer plus de 7 mds d’euros à France Télécom

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L’opérateur historique français n’en a pas fini avec sa cauchemardesque aventure allemande

Le dossier Mobilcom vient à nouveau hanter les dirigeants de France Télécom. L’opérateur allemand a toujours l’intention de faire payer son concurrent français et a revu ses ambitions à la hausse.

Selon l’hebdomadaire Focus, Jan Wilhelm, administrateur des faillites de Mobilcom, réclame désormais 7,2 milliards d’euros à France Télécom contre 4,25 milliards mentionnés dans sa plainte d’origine déposée en décembre 2004. Pourquoi cette réclamation gargantuesque ? L’affaire est longue et complexe. Au plus haut de la bulle télécoms en 2000, France Télécom avait déboursé 3,74 milliards d’euros pour prendre une participation de 27,3% dans Mobilcom. Il s’agissait de s’implanter en Allemagne, première économie européenne, et de concurrencer Deutsche Telekom sur son propre marché. Il avait revendu la même participation pour 265 millions d’euros en mai 2005. En 2002 Gerhard Schmid, fondateur et par le passé principal actionnaire de Mobilcom et son partenaire français, s’étaient entredéchirés à la suite d’un désaccord sur les investissements requis pour le lancement des services de téléphonie UMTS en Allemagne. France Télécom refusait à l’époque ces investissements. C’est ce refus qui aujourd’hui sert de base aux demandes de l’administrateur qui estime que le français n’a pas tenu ses engagements. Mais en contre-partie, France Télécom avait à l’époque accepter de reprendre à son compte 7 milliards d’euros de dette de Mobilcom tandis que l’opérateur allemand interrompait ses projets dans la 3G. Mobilcom et Schmid s’étaient en outre engagés à ne pas poursuivre France Télécom. A ce moment, l’opérateur allemand était au bord de la faillite, en raison de l’acquisition ruineuse de cette licence UMTS, pour plus de 8 milliards d’euros, qu’il a depuis rendue au régulateur allemand. Pour autant, l’administrateur judiciaire a indiqué que l’accord selon lequel Schmid avait convenu de ne pas engager de poursuites contre France Télécom n’était pas contraignant, et qu’il ne couvrait pas le préjudice causé à Schmid et à Mobilcom dans le cadre de leur coopération avec l’opérateur français. Jan Wilhelm juge insuffisante la somme de 7 milliards d’euros qu’avait déboursée le groupe français en 2002 pour éponger les dettes de Mobilcom. En reprenant la dette de l’opérateur et en sortant de celui-ci, pour 265 millions d’euros en mai 2005, France Télécom pensait avoir payé suffisamment cher son aventure allemande. Visiblement les comptes ne sont pas encore soldés. Ironie de cette histoire, les actionnaires de Mobilcom ont voté en 2005 contre l’avis de la direction le lancement de poursuites pour réclamer des dommages et intérêts à France Télécom…. L’opérateur français a jugé la décision sans fondement.


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