Nokia s’impatiente des lenteurs de Microsoft

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Le vice président de Nokia, Bryan Biniak, reproche à Microsoft ses lenteurs en matière de développements applicatifs pour Windows Phone.

Microsoft ralentit-il Nokia ? Si le constructeur finlandais a annoncé la semaine dernière avoir vendu 7,4 millions de smartphones Lumia (en hausse notable comparé aux 5,6 millions du précédent trimestre), Nokia reste loin derrière les quelque 70 millions de terminaux vendus par Samsung ou même les 30 millions d’iPhone écoulés sur la période. En d’autres termes, les Lumia sous Windows Phone peinent toujours à prendre leur envol plus de deux ans et demi après l’accord passé avec Microsoft. Depuis le lancement du Lumia 800 en novembre 2011, Nokia n’a vendu « que » 23,3 millions de smartphones sous Windows Phone.

Mais Bryan Biniak reste confiant. Dans un entretien accordé à International Business Times, le vice-président de Nokia défend son partenaire en rappelant que ce dernier a connu une situation similaire sur le marché de la console de jeu avant de trouver le succès. Microsoft a en effet su imposer sa Xbox, notamment avec des titres exclusifs comme Halo, face aux ténors du secteur que sont Nintendo et Sony.

La stratégie applicative

Mais le rythme du marché du jeu vidéo n’est pas celui du smartphone. Et si Nokia a su maintenir un porte-feuille d’offres assez large avec une dizaine de modèles, dont le Lumia 1020 et son capteur à 41 millions de pixels récemment annoncé, force est de constater que le rythme est loin d’être aussi élevé chez Microsoft qui tend à rester sur un modèle de mise à jour d’OS desktop, rythme inadapté à l’évolution rapide de l’environnement mobile. Ce que reconnaît Bryan Biniak : « Ce n’est pas seulement une question de matériel, c’est aussi lié aux outils présents sur le produit. Vous ne pouvez pas vendre un téléphone sans les applications, vous ne pouvez tout simplement pas. »

L’offre Windows Phone n’est pourtant pas négligeable avec ses 165 000 titres. Mais elle reste très loin derrière les stores d’iOS et Android, qui comptent chacun plus ou moins un million d’applications. Et, si on y retrouve les principales applications du marché, certaines manquent visiblement à l’appel. « Nous produisons de nouveaux terminaux fréquemment et pour chaque nouveau modèle, s’il y a une “app” qui importe à l’utilisateur et qui est absente, c’est une occasion de vente manquée », indique le dirigeant.

D’autant qu’il en faut plus pour inciter les clients à switcher. « Pour vous inciter à basculer, je dois m’assurer que les applications qui vous importent ne sont pas seulement présentes sur nos téléphones, mais qu’elles sont mieux. Je dois aussi vous offrir des expériences uniques que vous ne retrouverez pas sur vos autres appareils. »

Faire évoluer la culture de Microsoft

Ce qui passe par la bonne volonté des développeurs. Et, sur ce terrain, Bryan Biniak se montre également très confiant : « Je ne pense pas qu’il y ait des [développeurs d’applications] avec lesquels nous n’ayons pas d’accords commerciaux, et si les applications ne sont pas publiées d’ici la fin de l’année, elles le seront avant la fin [mars]. »

Le problème viendrait donc de Microsoft qui donne l’apparence de ne pas accorder la priorité à Windows Phone, une priorité que lui réclame désormais publiquement Nokia. Un problème que le constructeur finlandais travaille à corriger. « Nous essayons de faire évoluer la culture [de Microsoft] pour lui faire comprendre que le temps est l’élément essentiel. Attendre la fin de votre exercice [fiscal] quand vous avez des objectifs à atteindre ne nous fera aucun bien alors que je dois vendre mes téléphones aujourd’hui. » Dans tous les cas, Bryan Biniak confirme plus que jamais maintenir son accord avec Microsoft. « En tant qu’entreprise, nous ne voulons pas compter sur quelqu’un d’autre. »


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