Pour gagner plus, les informaticiens doivent être plus qualifiés

Régulations

Publiée juste avant les négociations salariales de fin d’année, l’étude réalisée par Oberthur Consultants auprès de 40.000 informaticiens met en exergue le retour à la croissance du secteur informatique et le succès des informaticiens hautement qualifiés

Malgré une croissance nationale faible, le secteur informatique, dopé par les résultats des acteurs majeurs, se porte bien et affiche même une croissance de

4% en 2004. Alors forcément les acteurs du marché sont optimistes. D’après l’étude, la création nette d’emplois pour 2005 devrait se situer entre 8.000 et 9.000. L’informatique est donc toujours un vecteur de création d’emplois important. Pour autant, les entreprises attendent un retour sur investissement immédiat. Avec cette bonne santé générale, leurs exigences sont plus grandes et elles recherchent des profils de plus en plus qualifiés, tous les postes n’étant pas nécessairement pourvus. Mais l’étude indique également que les augmentations de salaires sont plus conséquentes qu’en 2004 et que ces dernières sont quasiment égales dans tous les secteurs d’activité. La tendance à une plus grande homogénéité de la politique salariale se confirme, le secteur s’est structuré et a atteint une certaine maturité. Sur l’ensemble des salariés dont les rémunérations ont été analysées, l’augmentation moyenne est de 4,3%. Avec l’inflation de 2,2%, le gain de pouvoir d’achat est de 2 points . Dans une fourchette qui a tendance à se resserrer, l’ensemble des postes bénéficie d’une augmentation supérieure à l’inflation (de l’ordre de 3,5%). Toujours favorisées, les entreprises utilisatrices et celles du secteur banque/assurance ont accordé à leurs salariés une augmentation de 4,6%. La tendance d’une augmentation générale des salaires, déjà évoquée dans le rapport de l’an dernier, se confirme. Il y a un an, nombreux étaient encore les postes qui ne bénéficiaient pas d’une augmentation au moins équivalente à l’inflation. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Par ailleurs, l’enquête indique que le taux de démission progresse de 3,3% en septembre 2004, et il est passé à 5,5 % pour l’ensemble du secteur et pour la France entière. L’augmentation est encore plus sensible en province où le taux de démissions atteint 6%. Dans les SSII, il atteint 8,4% au niveau national (5% en septembre 2004) et se rapproche des 10% en ce qui concerne Paris et la Région parisienne (5,2% en septembre 2004). Enfin, et c’est un point clé de l’étude d?Oberthur Consultants, les acteurs du secteur informatique auront à faire face à une complexité croissante des systèmes d’information. En conséquence, les professionnels doivent associer à leur compétence technique des formations consistantes en gestion, en finance, en pilotage de projets. Les directeurs informatiques confirmés n’ont pas nécessairement la double compétence “technique et métier”. Les recrutements se font plus exigeants et plus sélectifs. La qualification des postes est de plus en plus élevée, les postes d’opérateurs disparaissent, les profils de chefs de projets, d’architectes et d’analystes sont recherchés. Pour satisfaire des besoins plus pointus, pour résoudre le décalage entre les offres et les compétences existant sur le marché, les entreprises auront sûrement à financer, dans le cadre de la formation continue, des formations longues pour pourvoir des postes hautement qualifiés.


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