La réforme de la NSA échoue au Sénat, les géants du web s’inquiètent

LegislationRégulationsSurveillance
Edward Snowden NSA Prism

Le USA Freedom Act n’imposera pas de réforme des actions de la NSA. Ainsi en a décidé le Sénat majoritairement républicain, une occasion manquée selon les acteurs IT.

La réforme de la NSA a probablement été la victime collatérale des résultats des élections mid term aux Etats-Unis. Ces dernières ont redistribué les cartes au sein du Sénat avec une majorité qui a basculé dans le camp des Républicains. Le 18 novembre, le Sénat a voté contre le USA Freedom Act. Cette loi prévoyait entre autres la fin de la collecte des métadonnées téléphoniques des américains.

Les révélations d’Edward Snowden ont permis de mettre à jour le programme Prism, qui avait pour vocation pour la NSA d’accéder aux métadonnées (numéro de téléphone, appels, localisation, durée, etc) des opérateurs télécoms. Le Freedom Act prévoyait que ces informations restent stockées par les opérateurs et que les réquisitions ne seraient plus globales, mais ciblées.

Les acteurs IT entre déception et occasion manquée

Face à cet échec, les acteurs de l’IT ont exprimé leur regret sur ce vote. Le groupe Reform Government Surveillance qui compte Apple, Google, Microsoft ou Facebook parmi ses membres, a publié une courte déclaration. « Nous sommes déçus par le vote du Sénat. » La BSA (Business Software Alliance) a indiqué pour sa part qu’il s’agissait d’une « occasion manquée ». Des propos mesurés, car cette loi pourrait refaire surface lors de la prochaine législature et des membres du Congrès (qui ont voté pour) prétendent à des postes au Sénat. Il faut donc faire preuve de diplomatie politique.

Les critiques les plus sévères proviennent des pure players du Cloud. Aaron Levie, CEO de Box a expliqué à nos confrères de TechCrunch que ce vote est « extrêmement décevant et montre que le Sénat et le gouvernement en général n’ont pas pris conscience de la gravité de la situation sur la surveillance ». Il rappelle qu’avec les révélations sur la NSA, il y a des craintes que l’Internet se divise en plusieurs plaques régionales avec des règles différentes, ce qui n’est pas bon pour les entreprises qui veulent vendre leur service dans le monde entier. Une opinion partagée par Vineet Jain, co-fondateur et CEO d’Egnyte, fournisseur de services Cloud. « En autorisant la poursuite des agissements de la NSA, il y a un niveau important de FUD (peur, incertitude, doute) dans le marché qui pourrait bloquer l’innovation. » Il ajoute qu’ « une meilleure protection législative de la vie privée contre l’espionnage du gouvernement permettrait aux entreprises de réaffecter des ressources précieuses qui ont été mises contre la NSA ».

A lire aussi :

Google pour l’extension du Privacy Act aux Européens espionnés par la NSA
L’espionnage de la NSA pourrait « casser Internet » selon les géants du Web

crédit photo © Rena Schild – shutterstock

Lire la biographie de l´auteur  Masquer la biographie de l´auteur